PSG, guerre civile, présidentielle : 5 choses à savoir sur George Weah, favori au Liberia

Image : Nouvelobs

 

Enfant des bidonvilles de Monrovia, star planétaire du foot dans les années 1990 et bientôt président du Liberia ? A 51 ans, George Weah est aux portes du pouvoir. De nouveau en finale de l’élection présidentielle après son échec de 2005, l’ex-attaquant vedette du PSG et du Milan AC affronte ce mardi 26 décembre le vice-président sortant Joseph Boakai.

5 choses à savoir sur celui qui pourrait bien devenir le premier footballeur président, dix ans après avoir raccroché les crampons.

Présidentielle au Libéria : George Weah, des stades de foot aux marches du pouvoir

1 Bidonville

George Tawlon Manneh Oppong Ousman Weah naît en 1966 au sein du groupe ethnique Krou (considéré comme autochtone au Liberia), dans une famille pauvre d’un bidonville portuaire de Monrovia, la capitale. Élevé à la dure par sa grand-mère paternelle Emma, il n’hésite pas à faire valoir l’argument de ses origines : “Comme la plupart d’entre vous, j’ai été victime de la pauvreté”, a-t-il lancé lors d’un meeting de sa campagne présidentielle.

Avant que le football ne lui permette de vivre, il devient un temps technicien pour les télécoms nationaux. Converti à l’islam, il est depuis revenu au protestantisme et prêche aujourd’hui pour la paix entre les deux religions.

2 Ballon d’or

George Weah commence sa carrière de footballeur au Liberia, avant d’être transféré au Tonnerre Yaoundé, club de la capitale camerounaise. Repéré à 22 ans par l’entraîneur du Cameroun, le Français Claude Le Roy, il est mis en contact avec l’AS Monaco d’Arsène Wenger. Buteur puissant, créatif et rapide, il joue 149 matchs pour le club du Rocher, avec lequel il atteint la finale de la Coupe des coupes, puis 138 matchs sous le maillot du PSG, avec lequel il devient champion de France en 1994. La saison suivante, il brille en Ligue des champions en marquant notamment contre le Bayern Munich et le FC Barcelone.

Naturalisé français lors de son passage à Paris, il choisit néanmoins la sélection libérienne, avec laquelle il disputera 60 matchs et marquera 22 buts. Il s’impose dans l’histoire du PSG, et figure parmi les 20 joueurs du “Hall of Fame” du club. Ce mardi, il a d’ailleurs reçu sur Twitter le soutien de Michel Denisot, ancien président du PSG (1991-1998) lorsque le club était la propriété de Canal+.

“Mister George” signe au Milan AC en 1995, quelques mois avant la consécration ultime : il devient le premier joueur non-européen à recevoir le Ballon d’or, et est à ce jour le seul Africain à l’avoir reçu. Il remporte deux titres de champion d’Italie, puis connaît encore quelques brèves expériences à Chelsea et Manchester City en Angleterre, à l’Olympique de Marseille en France puis à Abou Dabi. En 2004, il est nommé par Pelé dans la liste Fifa des 100 meilleurs joueurs de l’histoire.

3 Guerre civile

Pendant qu’il brille sur le terrain, son pays est ravagé par deux guerres civiles, qui font 250.000 morts entre 1989 et 2003.

Expatrié, Weah prend néanmoins le temps de plaider pour la paix au Liberia, appelant publiquement l’ONU en 1996 à sauver son pays du conflit. En rétorsion, des rebelles brûlent sa maison de Monrovia et prennent en otage deux de ses cousins.

4 3e élection présidentielle

Entré en politique à la fin du conflit, il est battu au second tour de la présidentielle de 2005 par Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d’Etat en Afrique. En 2011, il perd une seconde élection comme candidat à la vice-présidence du pays. Son parti crie alors à la fraude. En vain.

Aujourd’hui, c’est à son tour d’être face à un adversaire, Joseph Boakai, qui dénonce les “fraudes” du scrutin. Après le premier tour, selon lui entaché d’irrégularités, le vice-président sortant a multiplié les procédures. “Mister George” a, quant à lui, appelé ses partisans à la patience et au calme.

Ce mardi, le second tour de la présidentielle s’est déroulé dans le “respect du processus électoral”, selon les observateurs de l’UE. “Le message ‘On respecte les règles’ est passé auprès de la population, donc ça se passe de manière très respectueuse du processus électoral”, indique une observatrice du scrutin à l’AFP.

5 Colistière

Un choix pour le moins controversé, qui fait resurgir des heures sombres du pays. Pour sa troisième course à la présidentielle, George Weah a fait appel à Jewel Howard-Taylor, l’ex-épouse de l’ancien chef de guerre et président Charles Taylor (1997-2003) pendant la seconde guerre civile, pour être sa colistière.

Comme le souligne France-Inter, “le nom de Taylor n’est pas un repoussoir pour tout le monde, a fortiori dans la province de Bong [centre du pays, NDLR], qui fut la base de sa rébellion”. Alors qu’il n’était que de 11% dans ce comté du centre du pays en 2005, le score de Weah a bondi à plus de 40% le 10 octobre dernier.

La respectée sénatrice, économiste de formation, avait occupé des fonctions officielles pendant la présidence de son mari, dont elle a divorcé en 2006, et qui a été condamné en 2012 par la justice internationale à 50 ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre en Sierra Leone voisine. Un passé qui pourrait desservir l’ex-footballeur.

Source :

Nouvelobs

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