Pastis et abonnements au PSG, les comptes d’une mairie de Seine-Saint-Denis épinglés

Image : Nouvelobs

 

Ô le joli rapport que la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France vient de déposer au pied du sapin. Dans un document de 97 pages, la juridiction administrative passe au crible les dépenses de la mairie du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) depuis 2011. Les surprises sont nombreuses. En vrac : aucun directeur des ressources humaines depuis trois ans, 140.000 euros d’abonnements au Parc des Princes et quelque 50.000 euros d’alcool en deux ans, lors du mandat de Didier Mignot, l’ancien maire communiste.

Thierry Meignen, l’actuel édile (LR) du Blanc-Mesnil assure au “Parisien” que le juge a “cherché la petite bête”.

“Aucun intérêt communal”

140.000 euros d’abonnements pour aller voir jongler Neymar et Cavani. Des dépenses dont “les conditions d’attribution sont caractérisées par un manque de transparence”, note le rapport.

“[…] Le maire décide seul des bénéficiaires de ces places. Aucune archive ni aucun document formalisé n’est conservé par la collectivité pour retracer la liste des agents en ayant effectivement bénéficié. […] La commune n’a pas vocation à payer à des personnalités extérieures des billets d’accès au Parc des Princes. Aucun intérêt communal, non plus qu’aucune activité de service public, ne justifie ces dépenses d’abonnements auxquelles la collectivité doit mettre un terme.”

Ce que le maire dément :

“Qui est ce juge pour dire ce qui est bon ou pas pour ma commune. Je n’ai pas la même lecture de la loi. Quant aux places, elles sont données à 95 % aux agents. Ni moi, ni mes élus n’en avons profité. Les 5 % qui restent sont offerts à des gens qui ont œuvré pour l’intérêt de la ville. Et puis, ce n’est que 0,02 % du budget de la ville”.

Commandes d’alcool simplifiées

Les dépenses en alcool effectuées lors du mandat de son prédécesseur, le communiste Didier Mignot, figurent aussi en bonne place dans les observations de la Chambre régionale des comptes. “Le Parisien” donne le détail pour 2012 – seulement : “353 bouteilles de whisky, 727 bouteilles de vin, 612 bouteilles de champagne”. Et le maire n’oubliait pas les amateurs d’anis : 100 bouteilles de pastis ont également été commandées cette année-là. Au total, la facture d’alcool de la mairie de 2012 à 2014 atteint 51.503 euros. Détail surprenant : les commandes étaient signées automatiquement par une machine et n’avaient pas besoin d’être validées par le maire. L’utilisation d’une “machine à signer” est pourtant “totalement interdite”, note le rapport, qui précise :

“Le lieu de livraison indiqué sur les commandes et factures est une école communale servant d’espace de stockage au service “fêtes et cérémonies'”.

Les explications fournies à nos confrères par Didier Mignot sont édifiantes :

“C’est sûr que c’est illégal mais un maire ne peut pas tout signer. Et dès qu’on a découvert cela, on a divisé les montants par deux, mais je reconnais que certains services avaient tendance à ramener des bouteilles chez eux.”

Interrogés par “le Parisien” sur le nombre d’heures travaillées par les agents communaux du Blanc-Mesnil (1.512 heures, 100 de moins que le minimum légal), le maire et son prédécesseur ont une explication toute trouvée : “Cela fait trente ans que ça dure”, explique l’un ; “C’était déjà comme ça à mon arrivée”, assure l’autre.

Source :

Nouvelobs

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