Stéphane Le Foll peut-il incarner l’avenir du PS ?

Source : europe1

 

L’ancien ministre de l’Agriculture est candidat à la tête du PS. S’il peut compter sur sa notoriété, il lui est difficile d’incarner le renouvellement d’une opposition franche à la politique de Macron.

Il est le troisième candidat déclaré pour prendre la tête du Parti socialiste, ou de ce qu’il en reste. Stéphane Le Foll a annoncé, dans un entretien au Maine Libre à paraître jeudi, qu’il était décidé à “relever le défi”. “Ou plutôt les défis” qui attendent un parti “exsangue” qu’il faut absolument, selon lui, “faire évoluer”.

Tête connue. Par rapport à Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, les deux autres candidats au poste de premier secrétaire, Stéphane Le Foll a pour lui sa notoriété. Ce qui pourrait lui servir alors que, comme l’explique l’ancien ministre de l’Agriculture de François Hollande, le PS est désormais “inaudible aux oreilles des Français”. Par ailleurs, c’est l’un des rares survivants du quinquennat précédent. Contrairement à Najat Vallaud-Belkacem qui, elle, a renoncé à briguer la plus haute fonction de son parti, Stéphane Le Foll a bien été réélu lors des dernières législatives dans sa circonscription de la Sarthe. Contrairement à son ancienne collègue au gouvernement, il n’avait d’ailleurs pas de candidat LREM en face.

Mais notoriété ne rime pas nécessairement avec popularité. Dans un sondage Viavoice pour Libération publié fin décembre, Stéphane Le Foll n’était cité que par 11% des sympathisants de gauche comme une personnalité semblant “incarner le mieux l’avenir de la gauche”. Bien moins que Jean-Luc Mélenchon (48%) ou Benoît Hamon (35%), certes plus que Manuel Valls (7%) mais finalement autant que… François Hollande lui-même.

Pas de renouvellement. De fait, le parcours et la personnalité de Stéphane Le Foll n’en font pas vraiment l’incarnation de ce renouvellement qui, en ce moment, cartonne en politique. À 57 ans, l’homme a déjà été conseiller municipal, eurodéputé, député et ministre. Sans compter la direction du cabinet de François Hollande de 1997 à 2008, lorsque celui-ci était à la tête du PS. Bref, le Sarthois connaît bien la maison, mais peut-être trop pour la refonder de fond en comble, surtout face à une génération de quadragénaires qui sent que son heure est arrivée.

Trop Macron-compatible ? S’il ne symbolise pas vraiment le renouvellement en politique, Stéphane Le Foll incarne en revanche à la perfection le quinquennat de François Hollande, dont il a été le ministre mais aussi l’infatigable porte-parole de 2014 à 2017. Ce qui ne joue pas vraiment en sa faveur. Difficile d’assurer aujourd’hui au Maine Libre être contre le budget 2018 du gouvernement car celui-ci “est favorable aux plus riches et injuste pour les classes moyennes et populaires”, quand on a essuyé exactement les mêmes critiques à partir du virage libéral du début 2014. Et le refus de Stéphane Le Foll de soutenir Benoît Hamon pour la présidentielle, alors que le candidat socialiste incarnait précisément un courant plus à gauche, alimente l’idée que l’ancien ministre de l’Agriculture est trop proche d’Emmanuel Macron pour incarner une opposition crédible.

Pour s’imposer comme l’homme de la situation, Stéphane Le Foll joue donc la carte du fond. Et se positionne d’ores et déjà sur LE sujet qui alimentera la vie politique en 2018 : les élections européennes. “Pour moi, être de gauche c’est d’abord être internationaliste et donc européen”, explique-t-il au Maine Libre.

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europe1

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