Les indépendants ne veulent pas repartir en galère 

Le premier ministre, Edouard Philippe (à dr.), et le secrétaire d’Etat Benjamin Griveaux s’entretiennent avec un restaurateur, à l’occasion de la présentation de la réforme du RSI, le 5 septembre à Dijon.

 

Les bénéficiaires du RSI s’inquiètent des modalités d’intégration de leur système au régime général, qui s’appliqueront progressivement à partir du 1er janvier.

Quand la sonnette de son domicile a retenti ce jour de septembre 2015, Martine (le prénom a été changé à sa demande) n’en a pas cru ses yeux. A sa porte, un huissier qui lui réclamait 8 000 euros pour non-paiement de ses cotisations RSI. Sur le coup, cette opticienne de 51 ans, qui est « conjoint collaborateur » de son époux, ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle décide de saisir le tribunal des affaires de sécurité sociale.

« A l’instant où j’ai vu l’huissier, j’ai su que j’allais devoir me battre, explique-t-elle. Avec le RSI, on a beaucoup de mal à se faire entendre. » Au final, elle pense que c’est un changement de statut de la société de son mari trois ans plus tôt qui est à l’origine de ses déboires. « Ils m’ont tout simplement oubliée, raconte-t-elle. De mon côté, je ne recevais plus mes appels à cotisations mais je ne me suis pas inquiétée car mon mari réglait le même montant qu’auparavant pour nous deux, comme s’il payait pour moi. » Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre, mais Martine attend toujours que son dossier soit traité afin de pouvoir récupérer les trimestres pour sa retraite qu’elle a perdus.

Guichet unique

Son cas n’est pas isolé. Erreurs de calculs, retards de paiements, perte de dossiers : à la suite de la réforme de 2008, le régime social des indépendants (RSI), créé deux ans plus tôt, s’est transformé pour beaucoup en véritable cauchemar. Une « catastrophe industrielle », s’alarmait même la Cour des comptes en 2012. Aujourd’hui, la défiance est telle que beaucoup d’assurés ne souhaitent pas témoigner publiquement de leurs infortunes avec le RSI de peur d’aggraver leur cas. « On n’a absolument plus confiance dans ces gens, soupire Martine. A force d’avoir des prélèvements incohérents, nous, on a arrêté les prélèvements automatiques. »

Erreurs de calcul, retards de paiements, perte de dossiers : le RSI s’est transformé pour beaucoup en cauchemar

En…

Source :

lemonde

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