En Colombie, l’ex-guérilla des FARC lance son parti En savoir plus sur

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L’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui a signé la paix après plus d’un demi-siècle de conflit armé en Colombie, s’est donné jeudi 31 août un nouveau nom, symbolisant sa reconversion en parti politique légal, sans abandonner son acronyme, ni son identité révolutionnaire.

« Notre congrès a décidé à la majorité que le nom du #NuevoPartido (Nouveau Parti) est : Force alternative révolutionnaire commune (FARC) », a écrit sur Twitter le chef de l’ancienne rébellion marxiste, Rodrigo Londoño, alias « Timochenko ».

Ce nom a été choisi pendant le congrès de l’ex-guérilla, qui se tient depuis dimanche à Bogota. Ses traductions officielles dans d’autres langues seront annoncées vendredi, a précisé le service de presse des FARC.

Quelque 1 200 délégués, venus des anciens fiefs de la rébellion et des zones où les ex-guérilleros préparent leur réintégration à la vie civile, devaient définir cette semaine le nom, les statuts et les candidats de ce parti aux élections de 2018.

Rodrigo Londoño a précisé que la décision de conserver l’acronyme FARC, mais en lui donnant une nouvelle signification, avait été votée par 628 délégués, 264 lui préférant celui de Nueva Colombia (Nouvelle Colombie).

« Conserver les bastions »

Le débat sur le nom était l’un des plus attendus du congrès, l’acronyme FARC étant synonyme de massacres et d’enlèvements pour nombre de Colombiens, qui ont à 80 % une image négative de l’ex-guérilla, selon les derniers sondages.

Peu avant, Ivan Marquez, négociateur de la guérilla aux pourparlers de paix qui ont débouché sur un accord historique signé en novembre, avait proposé « Force alternative révolutionnaire de Colombie » et insisté dimanche sur le fait que les FARC devenaient « un parti révolutionnaire ».

Mais dans une consultation lancée sur Twitter par Rodrigo Londoño, c’était « Nueva Colombia » qui l’avait emporté avec 36 % des 10 387 votes.

« Ils gardent le même sigle parce qu’ils veulent conserver leurs bastions paysans », a déclaré le sociologue et anthropologue Fabian Sanabria, en avertissant toutefois que « c’est consternant » car « les gens attendaient autre chose, (…) cela ne va pas les rapprocher des classes moyennes, ni de la population urbaine ».

Les ex-guérilleros ont aussi présenté leur nouvel emblème, visiblement inspiré d’autres mouvements socialistes, avec une rose rouge ornée d’une étoile en son centre, les lettres FARC inscrites en vert.

Des FARC à « la » FARC

Issue en 1964 d’une insurrection paysanne, la guérilla des FARC arborait jusque-là un blason représentant deux fusils entrecroisés avec un livre sur fond de drapeau colombien jaune, bleu et rouge.

Ce nouveau parti de gauche, qui devient donc « la » et non plus « les » FARC, sera lancé publiquement vendredi sur la place Bolivar, avec un grand concert gratuit dans ce haut lieu de la politique colombienne, au cœur de Bogota, puisque s’y trouvent le Parlement et, à deux pas, le palais présidentiel Casa de Nariño.

L’ex-guérilla a assuré qu’elle maintiendrait sa ligne politique en passant à la légalité, bien que cette semaine ses chefs n’aient pas prononcé, en public, les mots « marxiste » ou « communiste », ni même « socialiste ».

La FARC doit aussi annoncer vendredi la composition de son équipe dirigeante, ainsi que ses candidats au Parlement, où l’accord de paix lui garantit cinq sièges dans chaque chambre ; une représentation que l’ancienne rébellion espère amplifier lors des élections de 2018.

Au fil des décennies, le conflit colombien a impliqué les forces de l’ordre, des paramilitaires d’extrême droite et d’autres guérillas, dont l’Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion active en pourparlers de paix depuis février. Cette guerre fratricide a fait plus de 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et plus de 7 millions de déplacés.

L’un des ex-commandants guérilleros avait déclaré lundi que le futur parti chercherait à intégrer « une grande coalition » pour former un « gouvernement de transition », afin de défendre l’accord de paix signé en novembre avec le président Juan Manuel Santos.

« Le thème central du congrès, avait-il affirmé, porte sur un gouvernement de transition pour la réconciliation et la paix. »

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