Critiques contre le rétablissement de la police de proximité voulu par le gouvernement

Le rétablissement d’une police de proximité « dès la fin de l’année », selon le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, est accueilli avec scepticisme à droite et à l’extrême droite. Cette mesure est « un contresens » pour l’ancien député Les Républicains, Georges Fenech, invité de Franceinfo jeudi 17 août.

« Aujourd’hui, il y a une menace terroriste et redéployer les fonctionnaires de police dans un rôle de proximité (…) en les détournant de leur mission première qui est d’assurer la sécurité des personnes, je trouve que c’est un contresens », a-t-il expliqué. Pour lui, « la police de la sécurité du quotidien » – nom donné par le gouvernement –, « relève davantage d’une mission de travailleurs social des rues ».

Symbolique de la politique sécuritaire du premier ministre socialiste Lionel Jospin (1997-2002), la police de proximité avait été supprimée en 2003 par Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l’intérieur.

Dans son programme, le candidat Macron disait regretter sa disparition. Selon lui, la police de proximité avait « l’objectif de prévenir la délinquance grâce à une connaissance du terrain et des liens durables avec la population. La police s’est peu à peu repliée sur ses missions d’intervention et de réaction ».

« Vieille lubie de la gauche »

Mais pour le député Les Républicains des Alpes-Maritimes la police de proximité est « une vieille lubie de la gauche, [un] fiasco inédit qui n’avait pas fait baisser le sentiment d’insécurité des Français mais avait bien au contraire provoqué une explosion de la délinquance ».

« En pleine menace terroriste et face à une augmentation forte de la délinquance et de la criminalité, les priorités opérationnelles des policiers doivent être orientées principalement vers l’investigation et le renseignement. »

Le député du Front national Sébastien Chenu a également critiqué, jeudi sur France Inter, la mise en place de cette police de proximité par le gouvernement.

« J’ai l’impression qu’il n’y a pas de stratégie concernant la sécurité des Français. D’un côté on nous annonce 562 millions d’euros, je crois, de baisse de budget pour la police [le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin a annoncé une économie de 526 millions d’euros pour le ministère de l’intérieur], de l’autre côté on nous annonce la recréation de cette police de proximité dont je rappelle que l’IGPN [Inspection générale de la police nationale] a déclaré en 2001 combien elle était un échec et combien elle ne répondait pas à la demande. »

 

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