Violences racistes: “Trump parle en son nom”, le désaveu cinglant de Tillerson

 

Le secrétaire d’État a répondu à un journaliste de Fox News que le président américain parlait “pour lui-même”. Il n’est pas le seul proche à prendre ses distances avec Trump.

La langue de Rex Tillerson a-t-elle fourché? La réponse donnée par le secrétaire d’État américain à un journaliste de la chaîne conservatrice Fox News était rude pour Donald Trump.

C’est la réaction du président américain aux événements de Charlottesville qui est à l’origine de l’embarras du secrétaire d’État. Rex Tillerson était interrogé sur le rassemblement d’extrême droite dans la ville de Virginie et la mort d’une manifestante antifasciste, ainsi que la réaction de Donald Trump, qui a renvoyé dos à dos les suprémacistes et les contre-manifestants. Le diplomate s’exprimait sur la difficulté de représenter les “valeurs de l’Amérique” après la polémique suscitée par la position du président américain.

“Je crois que personne ne doute des valeurs du peuple américain ni de l’engagement ou des agences gouvernementales à porter et à défendre ces valeurs” a répondu le diplomate. “Et les valeurs du président américain?”, l’a interpellé le journaliste Chris Wallace.

“Le président parle pour lui-même, Chris”, a rétorqué Tillerson.

“votre position s’en distingue-t-elle?” poursuit le présentateur.

“J’ai fait mes propres commentaires à propos de nos valeurs la semaine passée”, a conclu le diplomate.

Gary Cohn et James Mattis également critiques

Le désaveu est cinglant, mais il n’est pas isolé. Gary Cohn, son conseiller économique pressenti pour diriger la Réserve fédérale, a répondu au Financial Times que “les citoyens qui prennent position pour l’égalité et la liberté ne peuvent jamais être mis sur le même plan que les suprémacistes blancs, les néo-nazis et le Ku Klux Klan”.

En parallèle, une vidéo de James Mattis, le secrétaire à la défense, incitant implicitement les soldats à “tenir” jusqu’à ce que le pays en revienne au respect des uns pour les autres a également sonné comme un désaveu du chef de l’Etat, qui venait d’ordonner au Pentagone de ne plus recruter de personnes transgenres.

Ces critiques pourraient coûter cher à leurs auteurs, à commencer par Gary Cohn et Rex Tillerson, à en croire les médias américains. “Tillerson est à côté de la plaque, son mode de pensée est complètement ‘establishment’, rapporte Axios, tandis que Cohn est un “globaliste” (un partisan de la mondialisation), selon les propos présidentiels cités par The Week.

Trump a limogé plusieurs des membres de son entourage au cours des dernières semaines, dont deux figures-clé du clan des nationalistes, Steve Bannon et Sebastian Gorka, au profit du clan “des généraux” James MattisH.R. McMaster et John Kelly, et de celui des “New-Yorkais”, Gary Cohn et Jared Kushner). Faut-il s’attendre à de nouveaux départs et à un rééquilibrage des chapelles qui entourent Trump? La tâche serait d’autant plus aisée en ce qui concerne Tillerson qu’il est très critiqué au sein même du Département d’Étatsur sa gestion de la diplomatie américaine.

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