Richard Ferrand en route vers la présidence de l’Assemblée nationale, une prime à la casserole?

La France est un des rares pays à s'interroger aussi longuement sur l'avenir politique de ses élus les moins scrupuleux.

Richard Ferrand en route vers la présidence de l'Assemblée nationale, une prime à la casserole?

 

C’est peu dire que ce remaniement a été décevant! François Nyssen reste au gouvernement malgré sa réticence persistante à respecter les règles d’urbanisme. Muriel Pénicaud est confirmée dans ses fonctions malgré sa fâcheuse habitude de donner des “rendez-vous secrets” avant les appels d’offres. Saluons néanmoins le départ de Laura Flessel, éclaboussée par une affaire de fraude fiscale…

Mais la simple déception a vite été remplacée par de la consternation. On nous annonce que Richard Ferrand ‒ qui, le 19 juin 2017, n’était pas assez bien pour rester au Gouvernement ‒ serait, aujourd’hui, favori pour devenir le 4e personnage de l’État!

Certes, l’information judiciaire ouverte depuis le 12 janvier 2018, suite à la plainte avec constitution de partie civile déposée par Anticor, est toujours en cours et n’a pas aboutie à une condamnation…

On peut même noter que M. Ferrand n’est pas mis en examen dans cette affaire. Ses avocats ont, en effet, trouvé une combine pour dépayser le dossier à Lille, ce qui a permis de faire annuler l’interrogatoire de leur client, prévu le 26 mars 2018, devant les juges d’instruction en vue d’une éventuelle mise en examen. La France est, en effet, le paradis des manœuvres dilatoires pour tous ceux qui ne sont pas très pressés de prouver leur honnêteté.

Mais, même en l’absence de condamnation ou de mise en examen, les faits sont là: en 2011, Richard Ferrand – conseiller départemental et conseiller régional, à l’époque – a profité de ses fonctions de directeur d’une mutuelle pour permettre à sa compagne de réaliser une juteuse plus-value d’un demi-million sans risquer le moindre euro. À l’évidence, ce type de comportement, rendu possible grâce à un conflit d’intérêts parfaitement indéfendable, suffit à le disqualifier d’aspirer à de plus hautes fonctions (même si, lors du second tour des législatives, 20.991 électeurs de la 6e circonscription du Finistère ont visiblement pensé le contraire).

Force est de constater que la France est un des rares pays à s’interroger aussi longuement sur l’avenir politique de ses élus les moins scrupuleux. En Scandinavie, il n’y aurait même pas de débat. Un candidat plus vertueux serait préféré.

Que cette candidature soit sérieusement envisagée illustre à merveille la fameuse “prime à la casserole” théorisée par Philippe Séguin. Ah, comme elle est déjà loin la moralisation de la vie politique qui devait être le préalable à l’action du nouveau quinquennat!

Il est bien dommage que l’on ait renoncé aussi rapidement à avoir des élus exemplaires. Pourtant, comme le rappelait Gandhi, “l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul”.

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