POINT DE VUE. USA : la politique étrangère entre dans l’ère Trump

Source : internet

 

Le départ, jeudi soir, du conseiller à la sécurité nationale H. R. McMaster, précédé du limogeage brutal du secrétaire d’État Rex Tillerson, ont jeté un nouveau froid dans les relations entre Donald Trump et les milieux politiques de Washington : fonctionnaires, chercheurs, universitaires, juristes et une partie des employés du Congrès sont meurtris par l’élection d’un homme qui n’a cessé de les mépriser.

Les quatorze mois de Tillerson au Département d’État ont certes été désastreux pour la diplomatie américaine en raison de son incapacité à faire fonctionner cette administration (nombreux sont les postes non pourvus), mais le pire est peut-être à venir. Le remplaçant du respecté général McMaster, John Bolton, est considéré comme particulièrement va-t’en guerre. L’homme a par le passé exprimé des vues inquiétantes sur l’Iran et la Corée du Nord.

Pour le Département d’État, Trump a choisi Mike Pompeo, le directeur de la CIA qui a su plaire au président en épousant ses points de vue, quitte à s’aliéner une partie des services dont il avait la charge. La confirmation de Pompeo devant le Sénat ne sera pas une mince affaire, de même que celle de Gina Haspel, désignée à la tête de la CIA malgré un passé quelque peu sulfureux au sein des services.

À qui le tour ?

En tout état de cause, le rôle de la CIA dans les négociations avec la Corée du Nord apparaît clairement, au grand dam des tenants de la diplomatie classique qui s’inquiètent notamment de la rencontre annoncée entre Trump et Kim Jong-un. Ce « coup », dont les détails sont loin d’être connus, porte la marque de Donald Trump lui-même, de même que les sanctions commerciales annoncées sur l’acier et l’aluminium (notamment contre la Chine), le retrait du traité Transpacifique et de l’accord de Paris sur le climat en 2017, ainsi peut-être que la fin de l’accord avec l’Iran sur le nucléaire.

Les changements récents et à venir reflètent le souhait de Trump d’avancer sur son programme électoral (notamment les sujets mentionnés, ce qui relève de « l’Amérique d’abord » pour conforter sa base électorale). Après les départs de Tillerson, du conseiller économique Gary Cohn, du conseiller pour la sécurité H. R. MacMaster et de son adjointe Dina Powell, de la directrice de la communication Hope Hicks, tous les projecteurs sont à présent dirigés vers les nouveaux responsables choisis par Trump, à commencer par Pompeo et John Bolton, un homme aux idées extrêmes qui joua un rôle clé dans la guerre en Irak en 2003 en tant que numéro trois du Département d’État.

Parmi les membres du cabinet, l’attorney general (ministre de la Justice) Jeff Sessions semble aussi sur la sellette depuis qu’il a décidé de se déjuger dans l’enquête indépendante sur les relations entre l’équipe Trump et le Kremlin pendant la campagne électorale présidentielle. L’affaire russe constitue en effet une véritable épée de Damoclès pour l’administration Trump, qui abordera les élections au Congrès, en novembre, dans une position de relative faiblesse.

Tout repose désormais sur les relations entre la Maison Blanche et la majorité républicaine au Congrès qui soutient – parfois du bout des lèvres – la politique de Donald Trump. Pour autant, une hécatombe électorale au Congrès ne signifierait pas forcément la fin des idées trumpiennes mais pourrait, au contraire, donner lieu à un long baroud d’honneur (ou un va-tout ?) du président populiste, entre 2018 et 2020. Trump se démarquerait alors sans vergogne d’une étiquette républicaine que d’aucuns estiment de toute façon usurpée. »

Source :

ouest-france

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