Nicolas Sarkozy et François Hollande: Pourquoi ne parviennent-ils pas à lâcher la politique?

Les deux anciens président sont très présents dans les médias...

Les anciens présidents de la République Nicolas Sarkozy et François Hollande

 

Ces deux-là se croisent désormais lors des cérémonies officielles. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont ce point commun de ne plus être présidents de la République et aussi, officiellement en retrait de la vie politique française. Pourtant, les deux anciens chefs de l’Etat n’en finissent plus d’apparaître dans l’actualité.

Le candidat malheureux de la primaire à droite défendait encore son action lors de la crise financière dans Le Figaro et sur France Culture cette semaine. L’ex-Premier secrétaire du PS signe, lui, une tribune sur le populisme dans Polka Magazine mercredi, et poursuivra l’interminable tournée de dédicaces de son livre Les Leçons du pouvoir à Cherbourg (Manche). Les deux hommes continuent également d’interférer avec leur famille politique respective. Mais pourquoi n’arrivent-ils pas à lâcher ?

1. Ils croient encore en leur destin

« Ce n’est pas surprenant car les deux ont un sentiment de frustration, celui de ne pas avoir réussi à faire un second mandat. Il y a un précédent avec Valérie Giscard d’Estaing, qui considérait sa défaite en 1981 contre Mitterrand comme une injustice et avait repris la politique au bas de l’échelle, en se faisant élire conseiller général [du canton de Chamalières] pour remonter un à un les échelons », indique Christian Delporte, historien spécialiste de communication politique, auteur de Come Back ou l’art de revenir en politique. « Hollande et Sarkozy sont des bêtes politiques, qui ont assumé la plus haute fonction et ont l’un comme l’autre cette frustration d’œuvre inachevée ».

2. Leur famille politique est affaiblie

Autre élément avancé par l’historien, le contexte politique. « On entend plus parler d’eux qu’il y a quelques mois car il n’y a pas de vrais successeurs dans leur camp. L’aura de Sarkozy n’a pas été remplacée par Laurent Wauquiez et au Parti socialiste, il n’y a pas de chef, Olivier Faure peine à s’imposer ». Christian Delporte rappelle aussi que les deux hommes ne sont pas si âgés. [64 ans pour Hollande et 63 ans pour Sarkozy]. «. Un homme politique ne dit jamais, “maintenant, c’est définitivement fini”. Ils rêvent toujours d’être rappelés comme l’homme providentiel à l’image du général de Gaulle en 1958 après une traversée du désert ».

3. La politique, une drogue ?

De nombreux politiques comparent leur engagement politique à une drogue, qu’on a du mal à arrêter. « C’est un poison la politique, délicieux. Ça vous prend, ça vous tient. Vous ne pouvez plus vous en défaire. C’est une drogue dure », disait notamment l’ancien candidat à la présidentielle Philippe de Villiers dans un documentaire diffusé sur France 3.

Dans une tribune à l’Obs, Michel Lejoyeux, psychothérapeute et addictologue voyait un rapprochement entre l’addiction au pouvoir et les habituels critères de la dépendance [Désir persistant du pouvoir et en conséquence abandon d’activités sociales]. « Même si un mandat électif n’est pas une vraie drogue, son interruption crée chez celui qui la subit, surtout quand il espérait rester au pouvoir, un syndrome de manque pas si éloigné de ce que connaissent les dépendants sevrés de leur drogue », écrivait-il.

« C’est un mauvais parallèle, nuance aujourd’hui l’auteur des 4 saisons de la bonne humeur. Il y a clairement une habitude de la politique, une envie de pouvoir, mais l’addiction est une maladie ». Reste une métaphore proposée par le créateur du Puy du fou : « Il y a un point de comparaison avec les vieux chanteurs. Charles Trénet qui n’arrivait pas à partir. Il y en a qui ont fait l’Olympia 15 fois pour leurs adieux. Les hommes politiques sont des chanteurs qui ne quittent pas la scène ».

 

Source :

20minutes

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