Risque terroriste : des failles dans la sécurité des centrales nucléaires

Source: Internet

 

Durant dix-huit mois, Greenpeace a fait travailler des experts internationaux sur la protection de notre parc nucléaire face au risque terroriste. Les conclusions sont inquiétantes.

Ils sont sept. Sept experts des questions nucléaires et du terrorisme, mandatés par l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace pour échafauder les pires scénarios d’attaques sur nos 19 centrales nucléaires. Objectif : identifier les failles de sécurité, et alerter les pouvoirs publics et EDF, l’exploitant de notre parc nucléaire, sur le danger que cela représente.

Sauf que les conclusions du rapport sont tellement alarmistes que les experts et Greenpeace, pourtant rompus aux hypothèses les plus inquiétantes, ont décidé de ne rendre publique ce mardi matin qu’une version « light », expurgée des informations les plus sensibles. « Il s’agit d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics, justifie Yannick Rousselet, chargé de campagne auprès de Greenpeace. Pas de donner des idées à des personnes mal intentionnées. » Au final, seules sept copies du rapport sont remises ce matin par Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace France, à différents hauts fonctionnaires en charge des questions de défense et de sécurité au sein des institutions (ASN, IRSN et Cossen) et du gouvernement. « Le Parisien » – « Aujourd’hui en France » est le seul média à avoir pu consulter l’intégralité du rapport.

«Un déficit historique de la protection de nos installations»

Que nous apprend-il ? « Que nous connaissons un déficit historique de la protection de nos installations, et notamment des piscines de refroidissement, s’alarme Yves Marignac, l’un des contributeurs du rapport. A l’époque du lancement du programme nucléaire français, l’attention a été portée uniquement sur le risque d’emballement du coeur du réacteur. L’évolution du risque terroriste en quarante ans change tout. » Et le rapport de pointer du doigt le fait qu’aucune instance coordonnée n’existe sur la sécurité nucléaire. « Contrairement à d’autres pays, l’Autorité de sûreté nucléaire (NDLR : ASN) ne s’occupe que des questions de sécurité », reconnaît Pierre-Franck Chevet, son président.

Sollicités, ni le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, ni le haut fonctionnaire de défense et de sécurité rattaché à l’Environnement, Christophe Quintin, n’ont souhaité répondre à nos questions. L’opérateur EDF a, en revanche, bien voulu détailler les mesures de sécurité existant autour de nos centrales. Des mesures très insuffisantes, selon Greenpeace, et qui devraient impérativement être renforcées.

Les experts du rapport ont sorti leur calculette. Le renforcement des 58 piscines coûterait entre 1,6 et 2,26 Mds€ par piscine de réacteur. Celui des quatre piscines principales de La Hague, entre 11,6 et 22,6 Mds€. Et celui des 58 réacteurs (hors piscines), entre 2,7 et 3,8 Mds€ par réacteur. Au total, ce sont donc entre 140 et 222 Mds€ qu’il faudrait débourser pour mener à bien ce gigantesque chantier. Soit entre trois et cinq fois ce qu’EDF a prévu de dépenser pour prolonger la durée de vie des centrales… Mais ne pas le faire pourrait nous coûter encore bien plus cher.

Source :

La Parisien

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