Paris reçoit Saad Hariri sur fond de dégradation des relations avec l’Iran

Source: Internet

 

Emmanuel Macron accueille ce samedi 18 novembre à l’Elysée Saad Hariri en provenance de Riyad. Le président français avait proposé à Saad Hariri et à sa famille de venir à Paris « pour quelques jours » afin de sortir de l’impasse née de sa démission surprise annoncée le 4 novembre à partir de Riyad. Une invitation acceptée par le Premier ministre libanais avec l’accord du parrain saoudien. Et à quelques heures de son arrivée à Paris, à la fin du Sommet européen social de Göteborg, le président français a eu des mots très durs vis-à-vis de l’Iran.

« Vis-à-vis de l’Iran, notre souhait est que Téhéran ait une stratégie régionale moins agressive et que nous puissions clarifier sa stratégie balistique qui apparaît comme non maîtrisée », a dit le chef de l’Etat français en marge d’un sommet européen à Göteborg, en Suède.

La réaction de Téhéran n’a pas tardé : Paris alimente les tensions au Moyen-Orient en raison de ses positions « partiales ». Comprenez : Paris reprend l’argumentaire de Riyad et de Tel-Aviv.

Quelques heures auparavant, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian parlait des « tentations hégémoniques » de Téhéran au Moyen-Orient.

Dans les milieux proches de l’Iran, on s’interroge. Est-ce le prix à payer pour que les Saoudiens permettent au président français de faire sortir Saad Hariri du royaume saoudien ?

Reste qu’Emmanuel Macron considère que l’Iran est une puissance avec laquelle il faut dialoguer, « avec laquelle, souligne-t-il, nous continuerons à dialoguer ». « Le rôle de la France est de parler à tout le monde », estime le président français. « C’est à cette ligne que je me tiendrai, donc dans ce cadre, ajoute-t-il, je considère que la réaction iranienne méconnaît la position française. »

La France rejoint-elle le camp le plus hostile à l’Iran ?

Paris s’inquiète d’une tentation hégémonique de l’Iran et les dirigeants français le disent de plus en plus ouvertement à propos de la présence iranienne en Syrie, de la crise politique au Liban ou de la guerre au Yémen.

La France estime ainsi que le missile récemment tiré en direction de la capitale saoudienne a été fourni par Téhéran aux rebelles du Yémen.

La France rejoint-elle pour autant le camp le plus hostile à l’Iran, celui de l’Arabie saoudite, d’Israël et des Etats-Unis ? Ce n’est pas l’avis d’Elisabeth Marteu, spécialiste de la région à l’Institut international d’études stratégiques (IISS).

« Sur la forme, tout le monde appelle à un endiguement de ce mouvement de l’influence iranienne dans la région qui irait de Téhéran jusqu’à Beyrouth, donc de l’Iran jusqu’à la Méditerranée sans parler de l’influence sur les Houthis au Yémen. Donc il y a une véritable volonté de” containment “ et en même temps sur le fond l’approche est quand même sensiblement différente. Et Paris essaye d’éviter au maximum tout risque d’embrasement dans la région. Or le déclaratoire du côté de Washington, mais je pense plutôt du côté du président Trump, est quand même sensiblement différent. »

La France critique le rôle de l’Iran dans les crises régionales, mais elle défend avec vigueur l’accord nucléaire de 2015, aujourd’hui remis en cause par Washington.

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