Meuse : la manifestation des antinucléaires perturbée par des casseurs

Plus d’un millier de manifestants opposés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) se sont retrouvés dans les rues de Bar-le-Duc.

Dans les rues de Bar-le-Duc, des figurines géantes censées représenter le bois Lejuc évacué en février dernier.

 

Ils s’étaient donné rendez-vous depuis plusieurs mois. Plus d’un millier de manifestants opposés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) se sont retrouvés, ce samedi, dans les rues de Bar-le-Duc, la préfecture du département.

Dès samedi matin, des centaines de personnes de tous âges, beaucoup venues avec leurs enfants, avaient convergé vers le Hall des Brasseries, près du centre-ville, où ont eu lieu des tables rondes. Dans le hall, associations et collectifs ont installé des stands pour informer les visiteurs et les inviter à signer des pétitions. « Refusons que le Grand Est devienne la poubelle nucléaire de l’Europe », est-il écrit sur une grande banderole.

Selon Charlotte Mijeon, du Réseau sortir du nucléaire, des bus sont venus de toute la France, de Belgique et d’Allemagne.

Vitrines cassées

« Cette manifestation, c’est la preuve de notre détermination, de notre union aussi », avait affirmé à la presse avant le départ du cortège Jean-Marc Fleury, président de l’association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs, coorganisatrice avec des collectifs locaux de cette journée « contre la poubelle nucléaire
Le cortège, encadré de tracteurs, composés de 1000 personnes selon la préfecture et de plus de 3000 selon les organisateurs, se voulait « festif ». Mais peu de temps après le démarrage de la manifestation environ 150 personnes (selon la préfecture) vêtues de noir et cagoulées sont apparues dans le milieu du cortège et ont cassé les vitrines d’une société de BTP et d’une société d’expertise et tagué des murs, a constaté la journaliste de l’Agence France Presse.

Six blessés côté forces de l’ordre

Ces personnes s’en sont ensuite prises à deux agences bancaires où ont eu lieu de brefs heurts avec des CRS et des gendarmes mobiles, contre lesquelles ont été lancés des pierres et des fumigènes. Ces dégradations rappellent les actions menées par les Black Blocs, un mouvement d’extrême gauche qui s’attaque aux signes visibles du capitalisme.

Le ministre de l’intérieur, Gérard Colomb, a réagi dans un tweet condamnant « avec la plus grande fermeté les dégradations commises par des black-blocs » et salue « l’intervention des forces de l’ordre qui ont rétabli l’ordre public et mis fin aux violences ».

« Trois personnes ont été interpellées pour des violences contre les forces de l’ordre, des dégradations et des jets de pierre », a indiqué à l’AFP Muriel Nguyen, préfète de la Meuse, ajoutant qu’il y avait eu six blessés côté forces de l’ordre et un blessé léger côté manifestants.

« Il y a une façon de lutter qui est la leur. Ils sont cagoulés, ils cassent des vitrines ciblées, on ne peut pas maîtriser tout ça. Je ne suis pas dans l’approbation, je suis dans la compréhension », a réagi Jean-Marc Fleury.

Des déchets radioactifs à 500 m sous terre

Quatre mois après l’évacuation du bois Lejuc, une forêt située non loin de Bure dans laquelle plusieurs militants s’étaient installés pour lutter contre l’avancement du projet d’enfouissement, le cortège se voulait bon enfant.

Les manifestants ont accroché des branches d’arbre aux sacs à dos, ceintures, poussettes, tracteurs, pour « symboliser le bois Lejuc », site retenu par l’Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra) pour y mener des forages exploratoires. Occupé depuis l’été 2016, le bois a été évacué par 500 gendarmes le 22 février à l’aube.

Le projet Cigéo (pour Centre industriel d’enfouissement géologique), mené par l’Andra, vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Source :

Le parisien

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*


8 − 5 =