Loi Travail : Mélenchon déçu par la bataille syndicale «si mal conduite»

Source: Internet

 

Alors qu’il espérait que la LFI soit «le fer de lance» d’une mobilisation politico-syndicale victorieuse contre la réforme du Code du travail, Jean-Luc Mélenchon s’inquiète désormais d’une déroute.

Au sortir d’une semaine agitée, marquée par une escarmouche tendue contre Manuel Valls et des polémiques à répétition qui visent ses lieutenants Raquel Garrido et Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon semble avoir le moral dans les chaussettes. «Ma semaine a été longue comme pour beaucoup d’entre vous. Mais je n’ai pas aimé son ambiance incertaine politiquement après le bien petit résultat de la réunion syndicale unitaire», écrit sur son blog le tribun de la France Insoumise, évoquant la tentative d’union syndicale avortée. «Est-ce celle où nous avons perdu une bataille sur le Code du travail si mal conduite?», s’est interrogé l’ancien sénateur socialiste.

«La semaine précédente avait vu le front du refus syndical s’élargir de façon spectaculaire avec l’entrée en opposition de Force ouvrière puis le rendez-vous unitaire au siège de la CGT. Nous pensions tenir l’occasion de voir le mouvement social se reprendre en main face à l’adversaire», écrit Jean-Luc Mélenchon, qui avait alors été accusé de vouloir tirer à lui la couverture de la mobilisation, avec sa marche du 23 septembre dernier. Le député avait fait amende honorable en demandant aux organisations représentatives des salariés d’organiser la suite du mouvement, auquel il se rallierait. Mais rien n’y a fait. «De ce leadership, que sort-il? Fort peu. À vrai dire: rien. La réunion syndicale unitaire a convoqué une autre réunion unitaire pour “envisager une journée d’action en novembre”. Pendant ce temps, les corporations, abandonnées à elles-mêmes, négocient séparément», déplore l’élu de Marseille.

«La probabilité de la victoire de Macron par KO augmente d’un cran»

«Tout semble se dessiner pour une défaite du mouvement ouvrier traditionnel. Elle sera sans précédent», prédit-il, sur ton sombre. Et l’ancien sénateur d’accuser les centrales syndicales de «ne pas vouloir» voir s’organiser «une large action commune de tout le champ impliqué dans cette lutte», comme les élus de la France Insoumise ont tenté de l’organiser. «La probabilité de la victoire de Macron par KO sur ces ordonnances augmente d’un bon cran», constate Mélenchon, avant de s’interroger sur le rôle actif des syndicats sur le maintien du «vieux monde» que lui-même voudrait voir abattu: «Les directions des corps intermédiaires peuvent-elles être autre chose que des rouages à l’intérieur d’une réalité qui fonctionne comme un bloc?» Pour Jean-Luc Mélenchon, la déception semble intense, lui qui proclamait encore avec enthousiasme, le 1er octobre dernier: «Le système redoute la jonction du mouvement social et de l’action de l’opposition politique dont nous sommes la pointe avancée».

Entre l’ancien candidat à la présidentielle et les corps intermédiaires, les relations sont souvent houleuses, et particulièrement depuis la présidentielle. Dès le mois de juillet dernier, alors que les mobilisations se préparaient contre «la loi Travail XXL», les tentatives d’actions communes avaient patiné. «Il fait ce qu’il veut, il est dans son mouvement politique. Les politiques rêvent souvent de doubler les syndicats en matière sociale. Leur préoccupation principale devrait être d’écouter les syndicats», avait alors taclé Philippe Martinez, patron de la CGT.

Source :

Marc de Boni

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*


3 + 10 =