Les Chinois de Paris réclament justice

 

La mort d’un ressortissant chinois, tué par un policier lors d’une intervention à son domicile parisien dans la soirée de dimanche 26 mars, suscite indignation et colère dans la presse chinoise.

L’ambassade de Chine en France a demandé aux autorités françaises de faire au plus vite la lumière sur les événements qui ont provoqué la mort d’un ressortissant chinois à Paris lors d’une intervention policière le 26 mars, a fait savoir à Pékin la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Les circonstances des événements restent floues. Selon les enfants de la victime, les policiers ont enfoncé la porte de leur domicile, et sont tombés sur leur père qui avait à la main une paire de ciseaux avec lesquels il vidait du poisson ; ils ont immédiatement fait feu sur lui et sans sommation. Selon la police, Liu les a attaqués avec ses ciseaux et a blessé l’un des policiers, provoquant le tir. Depuis, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le commissariat du 19e arrondissement de Paris, et des affrontements ont eu lieu.

Une intervention disproportionnée

Les questions des Chinois de France se concentrent sur les points suivants : pourquoi la police a-t-elle utilisé une arme de celles qu’on utilise en général en cas de terrorisme ? Pourquoi près de cinquante policiers ont-ils été déployés ? La dimension de cette intervention était-elle appropriée ?” s’interroge le journal pékinoisBeijing Chenbao.

Liu ne faisait que 1,60 mètre, il était tout maigre, il n’était pas capable d’attaquer la police, rapporte le journal officiel Huanqiu Shibao. Les principaux médias français ont repris la version de la police dans un premier temps, ils n’ont pas cité la version de la famille de la victime et des associations des Chinois de France, ou seulement des extraits négligeables.”

Quant au fait qu’un policier aurait été blessé par Liu, la presse chinoise conteste cette version. “Les policiers en mission portent en général des gilets pare-balles. La seule possibilité pour expliquer la blessure du policier, c’est qu’ils aient manipulé la scène en se rendant compte qu’ils avaient fait une bévue. Cela expliquerait pourquoi les quatre enfants de la victime ont été enfermés dans une chambre et leurs téléphones portables confisqués. De même, la femme de la victime a attendu devant l’immeuble pendant deux heures avant d’être autorisée à monter chez elle. Pendant ce temps, les policiers auraient réaménagé la scène et ils se seraient mis d’accord sur une seule version”, analyse le Beijing Chenbao.

Un manque de confiance chronique

“Le manque de confiance entre la police et la communauté chinoise existe depuis longtemps, selon Tao Duanfang, chroniqueur du journal Xin Jingbao. De plus, la situation sécuritaire est mauvaise [à Paris], et, se sentant en insécurité, les Chinois de France n’osent pas ouvrir la porte aux inconnus.”

“Est-ce que ‘la France civilisée’ n’existe que pour les “Français de pur sang’ ?” questionne le Huanqiu Shibao. “Espérons que ces doutes sont infondés, que justice sera faite pour la victime, et que les Chinois de Paris auront une réponse à leurs questions”, conclut le journal.

Zhang Zhulin et Agnès Gaudu

 

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