L’école de Marion Maréchal : du business et de la culture (très à droite)

Avec l'Issep, l'ancienne députée FN ambitionne de former « une nouvelle élite économique et politique » et se défend de toute démarche politicienne.

Credit: le point

 

C’est un bâtiment à la fois sobre et contemporain planté au beau milieu du nouveau quartier de la Confluence à Lyon. En ce vendredi matin, plusieurs cars de CRS sont stationnés à ses abords. L’entrée des lieux est également étroitement surveillée par un service de sécurité. Le 56, rue Denuzière dans le deuxième arrondissement abrite désormais l’Issep, l’école créée par Marion Maréchal. Et à quelques centaines de mètres, un rassemblement de Vigilance 69 manifeste contre son implantation entre Rhône et Saône.

L’Institut de sciences économiques et sociales, économiques et politiques qui ouvrira ses portes à la rentrée prochaine veut se situer à la fois sur le terrain de l’entrepreunariat et sur celui des sciences politiques, en vue de former « une nouvelle élite économique et politique au service de la cité ». En clair, former des cadres pour le privé, comme pour le public.

Ses conseillers et ses enseignants, recrutés dans les universités et grandes écoles françaises mais aussi étrangères, présentent des profils plutôt conservateurs. On y trouve ainsi Patrick Louis, ancien député européen et membre du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers par ailleurs enseignant à Lyon-3, Guillaume Drago, directeur des masters de droit public à Paris-Assas, Thibaud Collin, professeur de philosophie au collège Stanislas de Paris – qui a fait campagne contre le mariage gay –, le royaliste Yves-Marie Adeline, professeur à l’université de Caen, Pascal Gauchon, directeur de la revue Conflits qui a dirigé jusqu’en 1981 le Parti (néo-fasciste) des forces nouvelles, Raheem Kassam, ancien directeur de Breitbart Londres, ou encore Paul Gottfried, professeur à l’université de Pennsylvanie, qualifié de paléo-conservateur aux États-Unis, c’est-à-dire isolationniste, protectionniste et fondamentaliste chrétien.

Des dons « franco-français »

Pas moins de 120 personnalités ont déjà, selon Marion Marechal, fait acte de candidature pour enseigner à l’Issep, issus « du milieu universitaire, de l’enseignement privé, du monde de l’entreprise, de l’armée, bref des profils variés et riches ». Côté étudiant, une soixantaine de candidats ont déposé une pré-inscription en « magister » sur le site internet de l’école, dont l’année d’étude est facturée 5 590 euros. 120 personnes sont aussi candidates au cycle de formation continue à 1 990 euros l’année. L’école est également financée par les dons « des entreprises et particuliers, mais franco-français », précise l’ancienne députée FN, qui refuse « par principe », les dons de l’étranger.

Le programme définitif de l’école sera affiné pendant l’été, mais l’Issep dispensera à la fois un enseignement de type école de commerce en même temps que des sciences politiques et de la culture générale, résultat de la fusion du projet de Business School monté à l’origine par Marion Maréchal, avec celui de Thibaud Monnier, conseiller régional FN en Auvergne-Rhône-Alpes.

Pas question, pour autant, assure Marion Maréchal de faire de l’Issep, un outil politique. « Ce n’est pas un projet politique, son objectif n’est pas politique », répète la directrice, « cette école n’est pas affiliée à un parti politique ni à la botte d’un parti, elle ne s’inscrit pas dans une logique électorale. Je m’inscris dans cette école dans le cadre d’un projet personnel, et pas d’un projet politique. Je m’interdis de me servir de cette école pour faire de la politique politicienne ». On notera tout de même que deux journalistes se sont vus refuser l’accréditation à la conférence de presse de Marion Maréchal.

Source :

Le point

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