Interview avec Woody Allen: son fabuleux ciné-club à Paris

Source: Prospect Magazine

 

INTERVIEW – Inconditionnelle du cinéaste américain, Ava Cahen a cofondé le Woody Club «pour faire vivre l’ADN» du réalisateur et revoir ses «vieux» films en 35 mm. Prochaine séance avec en invité d’honneur Frédéric Beigbeder, le 30 mars.

«Woody Allen est comme Dalida, il veut mourir sur scène», statue Ava Cahen. La directrice de la rédaction du magazine Clap! Magest à l’initiative du Woody Club qui se réunit depuis septembre 2016 tous les deux mois au cinéma Christine 21 (4 rue Christine, Paris VIe) en présence d’un invité d’honneur.

Le prochain rendez-vous aura lieu autour du film Zelig, projeté en 35 mm jeudi 30 mars à 20h30 en présence de l’écrivain Frédéric Beigbeder.

LE FIGARO – Comment vous est venue l’idée du Woody Club?

AVA CAHEN – Nous avons lancé le projet avec Lorenzo Chammah, programmateur du Christine 21, un lieu pas anodin puisque Woody Allen s’y rendait lui-même quand il était de passage à Paris dans les années 80. Nous sommes deux grands passionnés de son œuvre et nous voulons transmettre cet héritage aux plus jeunes, en s’attachant particulièrement à montrer les longs-métrages les moins connus de l’artiste.

À qui le ciné-club est-il destiné?

À tous! Tant les allenophiles que les néophytes doivent être capables de trouver leur bonheur. J’adore voir que des jeunes filles de 18 ans viennent pour découvrir les vieux films de Woody Allen, alors qu’elles ne connaissent que les plus récents, c’est exactement le but.

Malgré certaines critiques sur sa ringardise présumée, je considère que Woody Allen est un réalisateur qui a su évoluer avec son temps, en préservant des thèmes qui lui sont chers dans chacune de ses œuvres, mais en les rythmant de manière différente. Il inspire d’ailleurs aujourd’hui d’autres cinéastes comme Noah Baumach avec son film Frances Ha qui se passe à New York, un lieu cher à Allen.

Comment fonctionne les soirées de projection?

Au début, nous faisons une courte introduction avec notre invité allenophile, puis nous regardons ensemble le film en format 35 mm, ce qui donne une sensation unique au spectateur, comme s’il se trouvait derrière la caméra. Ce format de pellicule change tout, c’est le film à l’état brut. À la fin, une discussion est lancée avec la salle. Le ciné-club doit être un lieu d’amour, pas une conférence didactique. Le but est avant tout de s’amuser!

Quels films avez-vous déjà projeté?

Fréderic Beigbeder a choisi avec nous Zelig (1983) pour la prochaine séance. Il peint le portrait d’un personnage juif dont le mimétisme le pousse à changer de physique suivant son interlocuteur. Il va même jusqu’à devenir nazi en présence d’Hitler. On retrouve ici le cynisme caractéristique du réalisateur.

Pour notre première projection, nous avions diffusé September (1987), qui traite du jazz, en présence du musicien Laurent Courthaliac, puis Stardust Memories (1980) avec la comédienne Marie-Christine Barrault. Enfin, le comédien français Félix Moati était le parrain de la dernière séance avec Crimes et délits (1989).

Quel futur envisagez-vous pour le Woody Club?

Comme les fréquentations vont croissantes, je rêve qu’à terme, nous arrivions à faire venir Woody Allen en personne au Christine 21 pour partager avec nous une discussion sur un de ses films.

Source: Le Figaro

Par: Alix Fourcade

24 mars 2017

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