Affaire Benalla : une cible nommée Collomb

Le ministre de l’Intérieur va s’expliquer sur l’affaire Benalla ce lundi matin devant la commission des lois. Une épreuve qui ne sera pas une partie de plaisir…

Dimanche, à la veille de son audition, Gérard Collomb s’est entretenu plusieurs fois avec le président de la République

 

Ce lundi matin à 10 heures, salle 6242 de l’Assemblée nationale, tous les projecteurs seront braqués sur Gérard Collomb. C’est là, au deuxième sous-sol du Palais Bourbon, que le ministre de l’Intérieur va s’expliquer sur l’affaire Benalla. Une audition sous serment mais aussi haute tension, publique, filmée et retransmise en direct par les chaînes d’information, qui aura lieu devant la commission des Lois, chargée de menée l’enquête.

Le premier flic de France est sous pression quatre jours après la révélation de cette incroyable histoire. Et les questions des parlementaires seront nombreuses. Comment s’est passé l’enchaînement des faits ce fameux 1er mai ? Pourquoi Alexandre Benalla – qui n’a pas autorité de police – s’est retrouvé au cœur d’une opération du maintien de l’ordre ? Qui lui a fourni le brassard officiel et le casque ? Pourquoi aucun des CRS n’a réagi quand il a dérapé ? Pourquoi l’Inspection générale de la police (IGPN) n’a pas été saisie tout de suite ? Ou encore, y a-t-il eu des dysfonctionnements dans la chaîne de décision du président de la République ?

« Cette audition ne sera ni un tribunal politique, ni un tribunal médiatique », prévient cependant Yaël Braun-Pivet, la présidente LREM de cette commission d’enquête, qui était au départ hostile à la publicité des débats.

Une séance qui pourrait durer de deux à trois heures

Pas question, pour la majorité, de servir Gérard Collomb en pâture à l’opposition, et encore moins à l’opinion publique. Tout le week-end, le ministre de l’Intérieur s’est retranché à Beauvau pour préparer sa « défense ». « Tous les services ont été mobilisés pendant deux jours pour anticiper les questions qui pourraient lui être posées. Comme tout le monde, il veut que toute la transparence soit faite. Il n’a rien à cacher », assure son entourage.

Dès le 2 mai, il avait pourtant été informé des violences commises par Benalla. Mais n’avait pas saisi l’IGPN pour autant. Et encore moins appliqué l’article 40 du code de procédure pénale, celui-là même qui oblige toute personne dépositaire d’une « autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire » de saisir le procureur de la République quand il a connaissance d’un crime ou d’un délit.

Autant dire que la séance de ce lundi matin ne devrait pas être une partie de plaisir. Selon nos informations, elle pourrait durer deux, voire trois heures. « Tant qu’on n’aura pas été au bout de toutes les questions qu’on a à lui poser, on continuera », prévient un membre Les Républicains de la commission des Lois.

Gérard Collomb sur la sellette ?

Une épreuve physique, donc, qui sera suivie d’une autre mardi au Sénat. Mais Gérard Collomb redoute aussi que cette audience ne vire au procès de la Macronie. « C’est le ministre de l’Intérieur qui va être auditionné, et rien d’autre. Pas l’ami d’Emmanuel Macron, ni le macroniste de la première heure », croit bon de préciser Beauvau. « C’est avant tout une crise policière, pas une crise politique », ajoute-t-on.

Dimanche, Gérard Collomb et Emmanuel Macron ont plusieurs fois échangé par téléphone. Samedi midi, ils ont même déjeuné ensemble à l’Elysée, comme nous le révélions.

De là à savoir s’il pourrait faire les frais politiques de cette séquence, il y a un pas que certains de ses collègues du gouvernement franchissent déjà. « Il est clairement affaibli. Je ne vois pas comment, à un moment donné, le président ne va pas le lâcher… tout Gérard Collomb qu’il soit », persifle un ministre. « Totalement farfelu ! Il y a une crise, c’est vrai. Mais il va la traverser. Il est très serein par rapport à tout cela », insiste Beauvau.

 

Source :

leparisien

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