Abaissement de la vitesse à 80 km/h : c’est officiel

L 'impopulaire mesure a été publiée dimanche au JO. C'est pour le 1er juillet.

Credit: RTL
Il va falloir s’y faire. Malgré des mois de contestation, de manifestations de motards et d’automobilistes et de débats politiques, la vitesse sur 400 000 kilomètres de routes secondaires en France ne sera plus limitée à 90 km/h mais à 80 km/h à partir du 1er juillet.

À deux semaines de l’échéance, le décret d’application a été publié dimanche au Journal officiel.

Ce sera 68 € et un point

Les automobilistes qui ne baisseront pas leur vitesse de 10 km/h doivent-ils s’attendre à être flashés dès le 1er juillet ? Tous les radars seront paramétrés pour la date fatidique, assure-t-on à la Sécurité routière.
Un automobiliste pris en infraction à 90 km/h sur une route qui vient de changer de limitation de vitesse devra donc s’acquitter de 68 € d’amende et se verra retirer un point sur son permis. “L’éventuel surplus des amendes perçues par l’État liées à l’abaissement de la vitesse à 80 km/h, sera affecté à un fonds d’investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales spécialisées dans la prise en charge des accidentés de la route”, assure le ministère de l’Intérieur.

Cette limitation de vitesse s’appliquera sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central (muret, glissière), soit 40 % du réseau routier français.

Annoncée le 9 janvier, la mesure a depuis déclenché une levée de boucliers des associations d’automobilistes et de motards, rejoints par des élus et même certains ministres. Dans un sondage publié en avril, 76 % des Français s’y déclaraient opposés.

Rendez-vous en 2020

Conscient du tollé qu’il allait susciter, le Premier ministre Édouard Philippe s’est toujours dit “prêt à assumer l’impopularité” de cette disposition qui permettra, selon lui, de sauver 300 à 400 vies par an.

Une “clause de rendez-vous” est fixée au 1er juillet 2020. “Si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, (…) le gouvernement prendra ses responsabilités”, a assuré Édouard Philippe.

Source de sempiternelles querelles, cette mesure vise à réduire la mortalité routière qui, après le plus-bas historique de 2013 (3 427 morts), est repartie à la hausse entre 2014 et 2016. Cette tendance s’est toutefois inversée en 2017 (3 684 morts, -1,4 % par rapport à 2016).

Selon la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, cette disposition s’inscrit dans la lignée d’autres mesures “majeures” de sécurité routière, comme l’instauration des radars automatiques (2002) ou la ceinture de sécurité obligatoire (1973), également décidées contre l’avis de l’opinion publique.

Les opposants affirment, eux, que cette mesure “parisianiste” n’aura pas d’effet significatif, si ce n’est celui de renforcer le sentiment d’isolement des habitants des zones rurales, où sont situées l’essentiel des routes concernées.

L’Hérault et le Gard à la loupe

Claude Got, de la Ligue contre la violence routière, a dressé pour le Journal du Dimanche, daté du 17 juin, un état des lieux des voies les plus dangereuses dans dix départements du Sud-Est, entre 2006 et 2015.
Son constat dans l’Hérault : les 13 voies où a été recensé le plus grand nombre de tués représentent moins de 11 % de la longueur totale des routes sans séparateur médian, mais concernent 51 % des morts.
Dans le Gard : les 14 voies où a été recensé le plus grand nombre de tués représentent 13 % de la longueur totale des routes sans séparateur médian, mais concernent 51 % des morts.

Source :

Midilibre

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*


fourteen + sixteen =