« Choquante », « inacceptable » : l’affaire Benalla fait bondir l’opposition

Un des proches du président a agressé un manifestant le 1er mai, les politiques réagissent. Le porte-parole de l’Elysée a dû prendre la parole.

 

Ce sera assurément le sujet du jour à l’Elysée. Et ailleurs. Ce jeudi matin, de vives réactions sont exprimées au sujet d’Alexandre Benalla. Mercredi soir, Le Monde a révélé que ce collaborateur d’Emmanuel Macron avait été mis à pied deux semaines et rétrogradé dans ses fonctions à l’Elysée pour avoir, le 1er mai dernier, frappé un jeune manifestant dans le Ve arrondissement de Paris.

« C’est un comportement inacceptable », a reconnu Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre à la Cohésion des territoires, interrogé sur France Inter. Refusant de débattre de la sévérité de la mise à pied – deux semaines — ce très proche d’Emmanuel Macron a maladroitement tenté de clore la polémique : « contrairement à ce que peuvent dire ici ou là des commentateurs ou des oppositions politiques, il y a eu une réaction, une réaction immédiate, suite à un comportement qui n’est pas acceptable », a-t-il insisté, laissant tout de même une impression de grande gêne.

« Ce comportement est manifestement inapproprié », a également fait valoir Richard Ferrand, chef du groupe LREM à l’Assemblée.

L’urgence est telle que Bruno Roger-Petit, porte-parole de la présidence qui d’ordinaire s’exprime via les réseaux sociaux ou en « off » auprès des journalistes, a, ce jeudi, à 9h20, solennellement pris la parole. Sur un ton martial, il a indiqué que la mise à pied pendant 15 jours « avec suspension de salaire » et le changement de fonction étaient la sanction « la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission à l’Elysée ». « Cette sanction vient punir un comportement inacceptable » et vaut « dernier avertissement avant licenciement ».

Précédant peut-être de nouvelles révélations de presse, Bruno Roger-Petit a livré le nom d’un autre collaborateur de la macronie, Vincent Crase, « gendarme réserviste » ponctuellement employé par le palais présidentiel, « par ailleurs employé de la République en Marche », qui se trouvait le 1er mai avec Alexandre Benalla. Et qui a « outrepassé son autorisation de la même manière » que lui.

Côté opposition, les patrons de partis sont à l’inverse beaucoup plus durs. « C’est une affaire très grave », a estimé Olivier Faure sur France 2. « On ne peut pas vouloir une République exemplaire et considérer que quand c’est un collaborateur du président de la République, il n’a pas lui à répondre des mêmes règles que n’importe quel Français ». Pour tirer cette affaire au clair, « on doit saisir le procureur de la République et faire en sorte que ce monsieur puisse être redevable devant la justice », a-t-il encore affirmé.

« C’est un délit pénal,

nul n’a le droit de se déguiser en policier »

N° 1 des Républicains, Laurent Wauquiez a posé deux questions sur Europe 1, concernant cette vidéo « choquante » : « comment se fait-il que l’un de ses proches collaborateurs d’Emmanuel Macron se retrouve avec une usurpation d’identité dans une manifestation ? », a-t-il demandé, faisant valoir la « gravité » des faits lorsqu’un « proche de l’Elysée se camoufle en policier pour taper sur des manifestants ». Et le président de la région Auvergne Rhône-Alpes a également demandé s’il y avait eu « des manœuvres ». « J’aimerais être sûr qu’à l’Elysée on n’a pas cherché à camoufler cette affaire ».

« Il faut réagir avec la plus grande fermeté, les faits sont graves », a déploré le député France insoumise Alexis Corbière sur LCI. « C’est un délit pénal, nul n’a le droit de se déguiser en policier », a-t-il ajouté.

Interpellée à l’Assemblée nationale par le député LR Eric Ciotti, ce jeudi en milieu de matinée, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a jugé sur la question que « si cela paraît nécessaire, le procureur prendra de sa propre initiative les décisions qui s’imposent ». Quinze minutes plus tôt, le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Le dirigeant de la CGT spectacle, Denis Gravouil, membre de la commission exécutive de la confédération CGT, a estimé sur Cnews que le président de la République devait « licencier tout de suite » son indésirable collaborateur. « Que le président de la République qui est le garant du droit, garde à l’Elysée quelqu’un qui a participé illégalement (à la manifestation, ndlr), en se faisant passer pour un policier, c’est totalement scandaleux ! », a-t-il lancé.

De même, le syndicat de police Alliance se demande qui a pu donner à l’ancien chef de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron l’autorisation d’accompagner les forces de l’ordre, « et lui fournir brassard et casque de police », selon LCI.

Source :

leparisien

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