A Francfort, des propositions pour faire avancer l’Europe de la culture

Source: Internet

 

Des ministres européens se sont réunis à la Foire internationale du livre. Au menu : Erasmus pour les créateurs et droits d’auteur à défendre.

Incarné ou pas incarné ? Les commentaires allaient bon train dans les allées de la Foire internationale du livre à Francfort mardi soir sur le discours d’inauguration du président français. On aurait dit que Françoise Nyssen, la ministre française de la Culture, voulait trancher mercredi soir en affirmant qu’il était «inspiré et très incarné», en ajoutant que celui de la chancelière Angela Merkel l’était aussi. Elle s’exprimait à la sortie de deux heures de réunion avec ses homologues européens (français, allemand, belge, grec, croate, roumain, slovène et la présidente de la commission culture et éducation du Parlement européen). Un conclave à son initiative, qu’elle a resitué dans la lignée des grandes déclarations sur la culture d’Emmanuel Macron à la suite du discours d’Athènes. On peut désormais y ajouter le discours de la Sorbonne, puis le discours de Francfort. L’Europe de la culture se bâtit aussi sur cette représentation magnifiée par les mots. A Francfort, il s’agissait pour le président de la République de rappeler le pont entre Goethe et Nerval.

Droit d’auteur et pass culture

Pressée de faire partager son enthousiasme après deux heures de réunion, la ministre française de la Culture a déroulé les propositions mises sur la table par elle et ses collègues : l’idée d’un programme européen similaire à Erasmus pour les étudiants mais qui concernerait les artistes et les créateurs, «une politique volontariste en faveur de la traduction» alors que, la France invitée d’honneur de la foire de Francfort célèbre la France dans son espace francophone soit 200 millions de personnes. Un prix franco-allemand de la traduction a été créé.

Sur le sujet récurrent du droit d’auteur, Françoise Nyssen a expliqué leur intention de «replacer les créateurs au centre des politiques européennes», en rappelant que les industries culturelles représentent 7 millions d’emplois en Europe, soit le troisième employeur. «Il faut un meilleur partage de la valeur entre plateformes et créateurs»«une défense de la territorialité» et «la création d’un droit voisin pour les éditeurs de presse». Il a bien sûr été question du fameux “pass” culture de 500 euros pour les jeunes et promesse du candidat Macron. «Nous sommes en phase d’étude intense en France», a-t-elle simplement dit, rappelant qu’il existe un système similaire en Italie. Quant un pass à l’échelle européenne ? «Oui, il a été évoqué d’imaginer d’éditorialiser l’offre dans d’autres pays.»

73 000 emplois en Allemagne

Monika Grütters, son alter ego allemande, a souligné que le secteur du livre représentait 1 700 entreprises en Allemagne, plus de 73 000 emplois, 14 milliards de chiffre d’affaires par an. «ll faut créer des conditions de concurrence équitable», a-t-elle également affirmé en rappelant que son gouvernement avait voté une nouvelle loi sur une TVA sur le livre électronique et le livre audio. «Je promets de vous soutenir», a conclu Petra Kammerevert, la présidente de la commission culture du Parlement européen. «Certes le droit d’auteur est un problème épineux au Parlement européen, il faut peut-être en discuter sans idéologie», a-t-elle estimé, en rappelant l’existant gagnée, le taux de TVA réduit sur le livre électronique, pour lequel il ne reste que la Hongrie qui résiste encore. Parce que là ce ne sont pas que des mots, elle a salué l’initiative de la Belgique de donner un livre à chaque bébé nouveau né. Peut-être une proposition européenne de plus ? Les ministres européens de la Culture vont travailler dans les prochains jours à une déclaration commune à porter lors du prochain conseil des ministres européens le 21 novembre.

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