40 lieues sous la terre avec les tunneliers du Grand Paris Expres

Travaux souterrains de prolongation de la Ligne 14 du métro parisien en direction de Clichy-la-Garenne, Saint-Ouen et Saint-Denis. Chantier de creusement du tunnel entre la gare Saint-Lazare et la Porte de Clichy, réalisé à l'aide d'un tunnelier (baptisé "Yolène") de 9m de diamètre pour environ 150m de longueur. Dans la future gare de la "Porte de Clichy", servant actuellement pour la ventilation du chantier. Le 21/12/2017.

 

Debout dans sa cabine aveugle où s’infiltrent un grondement sourd et de légères vibrations, le pilote, Francisco Da Cruz, ne quitte pas des yeux une mire quadrillée. Face à six écrans de contrôle et à une console de boutons lumineux, il s’efforce de maintenir une petite croix au centre de la cible pour garder le bon cap et la bonne pente. Tout autour, sur 10 mètres de diamètre et 100 mètres de long, c’est un dédale de coursives métalliques, d’échelles, de postes électriques, de vérins, de câbles et de tuyaux.

On pourrait être dans un sous-marin, dans une navette spatiale. Mais on se trouve près de 30 mètres sous terre à Paris, dans une formidable machine qui semble sortie d’un roman de Jules Verne et avance à tâtons en dévorant le sous-sol pour créer un tunnel de métro au milieu de la nappe phréatique.

Colossale innondation

Après plus d’un an d’immobilisation en raison d’un défaut d’étanchéité et d’une colossale inondation dans le chantier de la station Porte-de-Clichy, ce tunnelier, baptisé Yolène, a repris mi-décembre les travaux de prolongement de la ligne 14 vers le nord. Ce premier tronçon, conduit par les groupes Eiffage et Razel-Bec, doit rejoindre la station Clichy-Saint-Ouen depuis la gare Saint-Lazare. Il reste 1 500 mètres à creuser.

Sur un autre tronçon opéré par Bouygues, qui va de Clichy-Saint-Ouen au terminus de Mairie-de-Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), un deuxième tunnelier, nommé Solenne, doit bientôt repartir pour ses derniers 300 mètres. Ce chantier de près de 6 kilomètres, réalisé aux deux tiers, est la première étape de la construction du Grand Paris Express, dont il annonce la démesure et les défis techniques.

Pour forer les 170 kilomètres de réseau souterrain du futur métro automatique – près de 40 lieues sous la terre dans l’univers de Jules Verne –, une vingtaine de ces lombrics mécaniques à 20 millions d’euros pièce vont ronger simultanément le sous-sol…

Source :

lemonde

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