Ce que l’on sait de l’attentat survenu à Barcelone

 

Une fourgonnette a foncé dans la foule sur les Ramblas à Barcelone, jeudi 17 août, faisant au moins treize morts et quatre-vingts blessés, dont quinze grièvement, selon le gouvernement catalan.

L’organisation djihadiste Etat islamique a revendiqué l’attaque dans un message diffusé par son organe de propagande Amaq, selon le site spécialisé SITE. La police locale a qualifié le drame d’attentat terroriste.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, s’est rendu immédiatement à Barcelone, où l’exécutif régional séparatiste prétend faire sécession.

Un deuil national de trois jours a été décrété à partir de vendredi.

Les faits

Vers 17 heures, une fourgonnette a foncé dans la foule amassée sur la place de la Catalogne, puis a remonté la Rambla sur 500 mètres, l’avenue la plus touristique de la capitale de la région. Au moins treize personnes ont été tuées et quatre-vingts blessés, dont quinze grièvement.

« J’étais dans l’une des rues qui donnent directement sur la place de la Catalogne. On a vu arriver des gens qui remontaient en courant la Rambla, notamment des touristes en panique », raconte le journaliste du Monde Gilles Rof, qui était sur place.

Des ressortissants d’au moins 18 nationalités différentes font partie des morts et des blessés, a fait savoir la protection civile. Cette dernière n’a pas précisé le nombre de personnes concernées pour chaque pays ni de leur état. Une Belge compte parmi les personnes tuées, a cependant fait savoir le ministre des affaires étrangères belges, Didier Reynders.

Les nationalités : française, allemande, espagnole, néerlandaise, argentine, vénézuélienne, belge, australienne, hongroise, péruvienne, irlandaise, grecque, cubaine, macédonienne, chinoise, italienne, roumaine et algérienne.

Deux arrestations

Le conducteur de la camionnette est toujours en fuite mais deux suspects ont été interpellés, a annoncé dans la soirée de jeudi le porte-parole de la police catalane, Josep Lluis Trapero.

Le premier est un Espagnol né à Melilla. Il a été arrêté à Alcanar, dans l’extrême sud de la Catalogne, où la nuit précédente une explosion dans un logement a fait un mort. Les enquêteurs relient d’ailleurs cette explosion à l’attentat. « Nous soupçonnons qu’ils [les occupants] préparaient un engin explosif », a expliqué le porte-parole.

Le deuxième suspect est un Marocain, lié à la location du véhicule utilisé dans l’attentat. Il a été arrêté à Ripoll dans le nord de la Catalogne.

Un périmètre de sécurité établi

Les autorités ont demandé aux gens d’éviter la très touristique avenue de la Rambla, qui débouche sur la place de Catalogne, afin de ne pas perturber le travail des secours. Les restaurants et centres commerciaux du périmètre sont fermés, et la circulation de certains bus et métros a été interrompue. Les stations de métro Liceu, Catalunya, et Parralel ont notamment été fermées. Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a appelé à « faciliter le travail des forces de sécurité. »

Le Safety Check, fonctionnalité de Facebook permettant aux utilisateurs de se déclarer en sécurité en cas d’événement tragique, a été activé.

Attentat à Barcelone : un numéro d’urgence pour les ressortissants français

La police a annoncé que « quatre terroristes présumés » avaient été abattus dans la nuit de jeudi à vendredi à Cambrils, à 120 km au sud-ouest de Barcelone, quelques heures après l’attaque dans la capitale catalane. Un cinquième homme a été blessé. Les autorités n’ont pas précisé s’ils étaient liés ou non à l’attentat à la camionnette bélier.

La communauté internationale solidaire

« Ils ne nous terroriseront pas. Toute l’Espagne est à Barcelone. Les Ramblas appartiendront de nouveau à tout le monde », a déclaré le roi Felipe VI dans un message du Palais royal. Des élus du monde entier ont témoigné leur soutien aux habitants de Barcelone après l’attaque terroriste.

Le président américain Donald Trump a, entre autres, assuré sur Twitter que son pays ferait « tout ce qui est nécessaire pour aider ». Son homologue français Emmanuel Macron et la première ministre britannique Theresa May ont exprimé la « solidarité » de leurs pays respectifs.

« Mes plus profondes condoléances aux familles et aux proches des victimes, à Mariano Rajoy et aux citoyens d’Espagne », a écrit Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, sur Twitter. Le président russe Vladimir Poutine a appelé à un combat global contre « les forces du terrorisme ».

L’EI en Espagne

Un rapport du think tank Real Instituto Elcano publié datant de 2016, précise que 45 % des personnes arrêtées entre juin 2013 et mai 2016 en lien avec l’EI étaient de nationalité espagnole et 41 % de nationalité marocaine.

Selon l’Institut, « la région métropolitaine de Barcelone est le principal foyer du terrorisme djihadiste en Espagne ». L’Espagne reste cependant moins concernée par le phénomène des combattants partis rejoindre des groupes djihadistes. Quelque 160 « combattants » basés en Espagne ont rejoint l’EI en Syrie et en Irak, selon cette étude, contre sans doute plus d’un millier de Français depuis 2012. Vingt-neuf seraient morts sur place et vingt sont revenus.

L’Espagne, troisième destination touristique mondiale, avait été, pour l’instant, épargnée par les attentats de l’EI qui ont notamment touché Paris, Bruxelles ou Berlin. Mais elle avait été touchée en 2004 par les attentats islamistes les plus meurtriers commis sur le sol européen, quand une dizaine de bombes avaient explosé dans des trains de banlieue à Madrid, faisant 191 morts. L’attentat avait été revendiqué au nom d’Al-Qaida par une cellule islamiste radicale.

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