Allemagne: Comment l’extrême droite se sert de YouTube pour attiser la mobilisation anti-migrants

L’extrême droite mobilise ses troupes dans la rue, mais elle mène également une bataille sur Internet

Des manifestants d'extrêmedroite à Chemnitz, le 2 septembre 2018.

 

Fake news, appels à rallier les manifestations anti-migrants… Après la mort de deux hommes dans des altercations impliquant des demandeurs d’asile à Chemnitz et à Köthen (Allemagne), plusieurs vidéos complotistes et conspirationnistes ont été publiées et mises en avant  sur YouTube. L’objectif : convaincre et manipuler des milliers d’internautes grâce à des vidéos virales sur les réseaux sociaux.

A Köthen dans l’est de l’Allemagne, près de 2.500 personnes ont manifesté dimanche dernier à l’appel de l’extrême droite à la suite de la mort d’un jeune homme dans une bagarre avec deux Afghans. Deux semaines auparavant, les extrémistes s’étaient déjà mobilisés à Chemnitz, où un Allemand de 35 ans a été tué de plusieurs coups de couteau, vraisemblablement par plusieurs demandeurs d’asile irakiens et syriens.

« Un réseau de vidéos de désinformation a éclos en quelques jours »

Plusieurs chercheurs allemands et responsables locaux ont critiqué cette semaine YouTube pour avoir contribué à diffuser des théories du complot et des vidéos néonazies autour de ces faits divers. Cette semaine, lorsqu’on effectuait sur la plateforme une recherche sur « Köthen », l’internaute était orienté vers des vidéos expliquant que « la version officielle » était montée de toutes pièces, ou bien des vidéos affirmant que tout était lié au « complot juif » ou encore que la dégradation d’un restaurant casher à Chemnitz n’était pas le fait de militants d’extrême droite, mais d’extrême gauche…

Selon Ray Serrato, un chercheur spécialisé en désinformation qui a analysé plusieurs vidéos parlant du drame de Chemnitz, « tout un réseau de vidéos de désinformation a éclos en seulement quelques jours », poussé par un algorithme de recommandations qui ne propose que des vidéos qui se ressemblent.

Cette propagation des théories complotistes préoccupe les autorités locales, notamment la mairie de Chemnitz qui a dû démentir ces derniers jours de nombreuses fausses informations auprès du public, note le New York Times.

Fin juillet, YouTube a toutefois annoncé de nouvelles mesures pour limiter la diffusion de ces vidéos, promettant notamment de mettre davantage en avant les vidéos de « sources fiables », principalement les médias locaux.

Source :

20minutes

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