Sans plomb 2018

Que retenir de la première défaite des Bleus en compétition officielle en 2018 ? Probablement cette belle ironie : à la veille d'une manifestation contre le prix de l'essence, les Bleus ont encore prouvé qu'ils marchent au diesel.

Photo : bljesak

 

Le néant, ou presque. À l’heure de dresser le bilan de la première défaite officielle de l’année civile pour des Bleus dépassés par les Pays-Bas, le constat nécessite de se poser la question suivante : à qui la faute ? L’équipe de France est-elle passée à côté de son match ? Peut-être. Les Pays-Bas nous ont-ils opposé une résistance bien supérieure à celle qui était attendue ? Sûrement. Ceci dit, quelques chiffres : un récent champion du monde peut-il décemment terminer la première mi-temps avec une seule frappe cadrée ? Un récent champion du monde peut-il rentrer aux vestiaires à la mi-temps avec moins de 35% de possession de balle ? Un récent champion du monde doit-il, alors qu’il est mené d’un but, faire entrer Moussa Sissoko et Tanguy Ndombele pour remonter au score ? La prestation du soir des Bleus pose autant de questions inquiétantes qu’elle ne sanctionne finalement des prestations récentes en sacrées dents de scie.

Sur les cinq derniers matchs, un seul but français à la mi-temps

Grégoire Margotton l’a répété avec la constance d’un métronome : avant de rater sa seconde période, la bande à Deschamps a encore loupé son entame de match. C’est simple, cette année, l’EDF présente, à la mi-temps de ses rencontres, un bilan sacrément famélique. Cinq matchs, quatre points, un but. Plus concrètement, les Bleus étaient accrochés par l’Allemagne (0-0), dépassés par l’Islande (0-1), l’Allemagne (0-1) et, donc, les Pays-Bas (0-1). Au cœur des nuages, une seule éclaircie, lors du match aller face aux Hollandais (1-0). À la veille d’une manifestation des gilets jaunes contre la hausse du prix de l’essence, constater que l’équipe de France marche au diesel revêt, il faut le dire, un bel habit ironique. Sans idées, dépassés par les passes de Memphis Depay, les percussions de Frankie De Jong et celles du surprenant latéral droit Denzel Dumfries, les blancs du jour n’ont jamais réellement été en mesure d’inquiéter Cillessen, ce qui n’est pas, en réalité, le plus inquiétant.

En effectuant neuf arrêts en quatre-vingt-dix minutes, Lloris a battu un record vieux de dix ans, date de sa prise de pouvoir dans les cages de l’EDF. On soupçonne d’ailleurs que le nombre de tirs cadrés subis soit également du jamais-vu, mais l’impression n’en restera peut-être qu’à ce stade. Alors pourquoi ? Si la situation n’est pas étrangère aux absences conjuguées de Paul Pogba et de Samuel Umtiti, elle mérite un œil plus sévère : qui, parmi les défenseurs de l’équipe de France, est actuellement en forme ? Varane peine à sortir la tête de l’eau avec le Real, Pavard est lanterne rouge de Bundesliga, Kimpembe est déstabilisé après plusieurs mauvaises prestations, Sidibé est autant à l’ouest que Monaco, Mamadou Sakho n’a plus l’envergure internationale, ne parlons pas de Rami, et Ferland Mendy n’est qu’un nouveau venu. Reste Digne, dépassé par Denzel Dumfries, un type encore inconnu en France, joueur du PSV, physique et puissant, mais voilà. Ceci conjugué à l’impuissance offensive du trio Mbappé-Griezmann-Giroud, l’équation était impossible à résoudre.

Ne pas envoyer valser la stratégie de Deschamps

Conséquence, alors que l’Allemagne est d’ores et déjà éliminée de la course à la Ligue des nations, le sort des Bleus dépend de celui de leurs adversaires du soir lors de la prochaine journée : si les Pays-Bas s’imposent ou font match nul, ils accéderont au carré final. Une bien triste conclusion pour une équipe de France dont le sort paraissait déjà marié à ce titre jusqu’ici inconnu, mais dont la conquête aurait, finalement, fait un foutu bien à l’ego. Surtout, la question sera désormais de savoir si cette défaite infirme les choix récents de Didier Deschamps. Compléter l’effectif avec des anciens ? Moussa Sissoko provoque le penalty du soir. L’idée n’est pas mauvaise et les résultats vont d’ailleurs en son sens, mais il conviendrait peut-être d’insuffler plus de concurrence dans ce groupe où les titulaires ont place acquise. Et à constater l’énervement du sélectionneur à la fin du match, pas impossible que les décisions tombent dès mardi, face à l’Uruguay.

Source :

sofoot

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