Rugby. France – Afrique du Sud : le compte à rebours est déjà enclenché

Si personne ne le crie haut et fort, la venue de l’Afrique du Sud constitue la première étape vers le Mondial 2019 pour une équipe de France plus habituée à la défaite qu'à la victoire. La dernière contre les Springboks remonte à 2009. Il est temps de retrouver le parfum du succès face aux nations de l'hémisphère Sud.

Photo : ouest france

 

Tic-tac, tic-tac… Dans 314 jours, un original Japon – Russie lancera la Coupe du monde 2019. Dès le lendemain, le XV de France dansera un tango argentin en tentant de ne pas se faire écraser les pieds.

C’est loin, Tokyo ? Tais-toi et rame. Plus les années passent, plus les matelots tricolores ressemblent à des galériens trimballés en haute mer. Comme si la barque n’était pas assez chargée, l’équipe de France de football n’en finit plus de célébrer son triomphe mondial en multipliant les représentations festives. Quand la bande de Deschamps est en tournée de gala, celle de Brunel n’a qu’une tournée ordinaire à offrir. Si ordinaire que le Stade de France ne sera qu’aux deux-tiers plein, ce soir.

« Une équipe qui donne envie au public »

Le sélectionneur a beau dire que « le public se presse moins en novembre que pour le Tournoi des 6 Nations », les rangs vides sont doués d’éloquence. Jacques Brunel n’est pas dupe en avouant : « Il nous faut une équipe qui donne envie au public de la suivre… »

Le XV de France en est capable. Il sait encore se transcender. Cela avait d’ailleurs été le cas lors du dernier match joué au Stade de France, en mars, avec un succès majeur contre l’Angleterre (22-16), son habituel bourreau. Et sans une pénalité ratée par un Trinh-Duc inconsolable, les Bleus auraient cueilli le XV du Poireau à Cardiff (13-14) et fini 2es du Tournoi. De sorte que Guirado, le capitaine, estime que « l’équipe est en bonne voie. »

Sauf que cette impression a été gommée par un triptyque de lourds revers en Nouvelle-Zélande, en juin. Et qu’il ne reste que onze matches avant le voyage au Japon pour remplir le réservoir d’espérances. Le premier est bigrement casse-gueule. Jacques Brunel en convient : « Nos derniers résultats ne nous autorisent pas à une quelconque forme de prétention. En même temps, si l’équipe parvient à aller au bout du chemin en jouant sur la continuité et pas seulement par séquences, elle peut rivaliser avec les Boks. Mais il y a des bouts à rajouter. »

Il s’agirait au moins que les Bleus se montrent plus réalistes. « C’est un peu le souci, abonde Lopez, de retour à l’ouverture après une année blanche. On n’est pas assez justes dans les zones de marque. » Le Clermontois, associé au Bordelais Serin pour mettre de l’huile à la charnière, propose « davantage de patience. »

Mais les Boks laisseront-ils aux Bleus le temps de respirer ? Le scénario est cousu de fil blanc, surtout par un temps maussade propice au jeu au pied de pression. « À chaque match, c’est simple : ils veulent nous détruire », image Penaud, expédié à l’aile gauche. Le staff a musclé son jeu avec Iturria, un 2e ligne reconverti, en position de « 6 et demi ».

Le compromis des Boks

Mais la mission est compliquée par le profil d’un rival à la fois buffle et antilope. « Les Boks ont trouvé un compromis, analyse Brunel. Ils sont restés sur leurs bases mais ont un triangle arrière qui va très vite. »

C’est là où l’option d’un banc plein de gaz (Dupont, Fickou, derrière ; Chat, Babillot, devant) peut porter ses fruits. À condition que le XV de France ne soit pas déjà dans les cordes, saoulé de coups. « C’est simple, résume Poirot, le pilier gauche, c’est dans la tête ! Pour répondre au défi de l’agressivité, il faudra aller puiser au plus profond de nous. On sait aussi que chacun a envie de se montrer parce qu’il y a des places à gagner au Mondial 2019. » On vous le disait : le compte à rebours est enclenché.

Source :

ouest france

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