Retenez bien son nom : Jeanne Herry, la voix sensible derrière la caméra de «Pupille»

« Pupille » conte avec une délicatesse infinie une histoire d’adoption. Pour son deuxième long-métrage, la réalisatrice joue la note sensible et tire le meilleur de ses acteurs.

Photos : Paris Match

 

Elle a mis du temps pour se trouver. Mais son deuxième film, « Pupille », le confirme de manière éclatante : derrière la caméra, Jeanne Herry, 40 ans, est à sa place. Celle qui fut d’abord actrice, puis auteure et metteuse en scène de théâtre, s’est forgée chemin faisant.

Fille de l’actrice Miou-Miou et du chanteur Julien Clerc, elle assiste, enfant, à leurs tournages et répétitions de concert. Elle observe, s’imprègne, s’instruit. Plus tard, au Conservatoire, elle regarde ses professeurs diriger ses camarades. « Peu à peu, je me suis fait un avis sur ce que je voyais, explique la cinéaste. Surtout, j’ai compris par quoi passent les comédiens, quand ils sont à l’aise, quand ils bloquent. »

Jeanne délaisse alors le métier d’actrice pour se concentrer sur la mise en scène. Et se découvre un vrai goût pour les mots en écrivant un premier roman, « 80 étés », publié en 2005. Un jour, elle le sait, elle tournera un film. Ce sera en 2014. « Elle l’adore », une comédie policière avec Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte, fait 500 000 entrées. « En réalisant, j’ai eu la sensation de me réaliser moi-même », confie-t-elle. Et de trouver un métier qui combine les deux facettes de sa personnalité. Jeanne aime autant les traversées en solitaire des périodes d’écriture que l’émulation des tournages.
Une ensorceleuse qui a l’art d’attendrir

Avec « Pupille », elle passe un nouveau cap. Son film est une mosaïque construite autour d’un bébé, de sa naissance sous X à son adoption à l’âge de deux mois. Une pléiade de personnages, sages-femmes, assistantes sociales, médecin… se penchent sur le sort de cet enfant. Bienveillants et toujours vigilants. « J’avais envie de raconter la puissance du collectif, raconte la réalisatrice. La France peut être fière de ses lois et de ses travailleurs sociaux en matière d’adoption. Tout est fait avec une extrême considération pour ces enfants. »

Ne vous y trompez pas, Jeanne Herry n’a pas fait un film à thèse mais une œuvre sensible dont on ressort profondément remué ! Cette femme est une ensorceleuse qui a l’art d’attendrir les cœurs les plus durs. « Il y a quelque chose chez les bébés qui parle à notre peau, observe-t-elle, modeste. Ils transmettent des sensations très fortes. » Jeanne Herry sait raconter. Elle sait aussi choisir ses acteurs et en tirer le meilleur.

Dans son film, Sandrine Kiberlain et Elodie Bouchez ne sont que douceur et émotion, quand Gilles Lellouche apparaît, comme rarement au cinéma, tendre et protecteur. Tous crèvent l’écran. Hors de question désormais que Jeanne lâche sa caméra !

Source :

Leparisien

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