Musique Vanessa Paradis : «Pour cet album, je me suis mise en danger»

Vanessa Paradis sort ce vendredi son 7e album, « Les Sources » aux accents folk et soul. Dans cet opus très personnel, notamment écrit avec son mari Samuel Benchetrit, elle décline le thème du rêve et du sentiment amoureux. Dans un esprit doux et léger qui fait du bien.

Photo : ouest france

 

Pouvez-vous nous décrire votre nouvel album ?

« Il y a des chansons d’amour mais aussi des chansons sur la flânerie, la beauté du songe. Ce que je préfère chanter, c’est l’amour. Même si une chanson comme « La Plage » n’est pas explicitement une chanson d’amour mais plutôt une chanson sur des moments où l’on se sent bien, avec des gens qu’on aime. Le côté épicurien de la vie me plaît. Je ne commence pas un album par une idée mais plutôt par des chansons qui me touchent. Et généralement, ce sont des chansons d’amour comme ‘Ces mots simples’, composée par Samuel Benchetrit (NDLR : son mari).

Côté sonorités musicales, j’avais très envie de travailler avec Paul Butler, le réalisateur de l’album, car j’aime son travail d’arrangeur. J’aime aussi la manière dont il traite la musique soul, les cuivres, les cordes, les choeurs. Je voulais emmener des chansons a priori plus pop ou folk vers la soul. Car ça me fait beaucoup d’effets ! Je voulais un album solaire, pas quelque chose de grave, de triste. »

Il y a aussi des sonorités de tango, de bossa nova sur cet album. Vous souhaitiez nous inviter à un voyage musical ?

« Cela fait partie de la musique que j’écoute. Ces différentes sonorités permettent de donner un relief à l’album. Ces chansons sont des voyages dans plusieurs destinations du monde. Cela rend le disque encore plus cinématographique, dans le sens du voyage de notre imaginaire. Même si je chante exclusivement en français et non en anglais dans l’album. Il y a juste une chanson en italien ! »

Comment avez-vous travaillé sur les arrangements ?

« J’ai beaucoup échangé avec Paul Butler pour savoir où il fallait des cordes et comment il en fallait par exemple. Mais j’avais vraiment ce désir d’avoir beaucoup de cordes. »

Pourquoi avoir enregistré l’album à Los Angeles ?

« J’y habite une partie de l’année car c’est là-bas que vivent mes enfants. J’y passe donc forcément énormément de temps. Même si cela fait longtemps que je suis là-bas, je m’y sens encore comme une expatriée. Je me sens tellement française aux États-Unis ! À part mes enfants, ma famille, mes amis, sont en France. Le fait d’être loin d’eux fait que j’avais beaucoup plus de temps pour la musique. On a enregistré cet album en plusieurs étapes de studio, entrecoupées de deux ou trois semaines. C’était génial car pendant ce temps-là je pouvais travailler, garder un certain recul sur ce que l’on faisait et revenir en studio avec plein d’idées. Je n’ai rien lâché. J’ai dirigé, même si cela paraît prétentieux à dire. Mais c’est aussi évidemment un travail d’équipe. J’ai travaillé avec des musiciens que je ne connaissais pas. Je me suis mise en danger . On n’est moins réconforté, moins rassuré que si l’on travaille avec une équipe que l’on connaît déjà. On se fait pas mal peur, on s’inquiète beaucoup mais du coup, on se surpasse. Par ailleurs, Paul Butler vit en Californie, enregistrer à Los Angeles a donc facilité les choses. »

Vous avez composé trois musiques pour cet album. Vous êtes-vous aussi essayée à l’écriture ?

« J’ai écrit le titre ‘Chéri’ mais c’est le seul. Il parle de la chance de rencontrer quelqu’un qui vous plaît tellement sur tant de tableaux différents. La chance de se plaire, de se reconnaître et de chérir la vie ensemble. J’avais aussi deux musiques que j’avais composées qui me plaisaient bien mais pour lesquelles je n’avais pas de texte. Je n’arrivais pas à écrire. J’ai demandé à Samuel Benchetrit s’il voulait bien le faire. J’ai adoré ce qu’il m’a proposé. Finalement il en a écrit quatre autres, paroles et musiques, sur le disque.

De mon côté, je n’ai pas réussi à écrire d’aussi bonnes chansons que mes collègues. Je préfèrerais faire un album entièrement signé par moi. Pas pour l’ego mais parce que artistiquement, c’est admirable. Votre album est alors fait de vous. C’est magnifique. Mais je ne peux pas résister aux bonnes chansons quand j’en reçois ! »

Quel titre préférez-vous dans cet album ?

« La chanson ‘C’est dire’, de Samuel Benchetrit, me touche particulièrement. C’est le meilleur de toute l’équipe sur le travail des choeurs, du mix, des arrangements. »

Le rêve est le fil rouge de cet album et l’idée de nature y est aussi très présente. Souhaitiez-vous faire passer un message à travers cet album ?

« Je souhaitais parler de choses essentielles, qui me font rêver, qui me font du bien donc la musique, la nature, l’amour, les rêves. Tout ça est très inconscient même si je suis forcément influencée par l’époque et ce qui se passe autour de nous. Mon disque permet, je l’espère, 40 minutes d’évasion, comme quand on va au cinéma. »

Quels sont vos rêves justement ?

« C’est très personnel ! Ce sont des rêves éveillés. Que les gens que j’aime soient heureux. Cela dépend donc aussi du monde dans lequel on vit. Je rêve de plus de simplicité, de générosité, d’essentiel. »

Source :

lavoixdunord

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