[Critique] « Pourvu qu’il soit heureux » de Laurent Ruquier

En cette rentrée théâtrale, Francis Huster, Fanny Cottençon et Louis Le Barazer se donnent la réplique dans Pourvu qu’il soit heureux, la nouvelle pièce écrite par Laurent Ruquier et mise en scène par Steve Suissa au Théâtre Antoine à Paris. L’avis et critique théâtre de Bulles de Culture sur cette comédie où une confrontation familiale autour de l’homosexualité est bien trop pédagogique pour être convaincante.

Photo : youtube

 

Synopsis :

Tout allait bien dans la vie de Camille (Louis Le Barazer) jusqu’à ce que ses parents découvrent par hasard son homosexualité. Comment Claudine (Fanny Cottençon) et Maxime (Francis Huster) vont-ils réagir ?

Pourvu qu’il soit heureux : la nouvelle pièce de théâtre de Laurent Ruquier

Après Je préfère qu’on reste amis et A droite A gauche, Laurent Ruquierrevient à l’écriture et signe une nouvelle pièce de théâtre sous le ton de la comédie avec Pourvu qu’il soit heureux au Théâtre Antoine à Paris. Sur une mise en scène de Steve Suissa, Francis Huster et Fanny Cottençon se confrontent sur les planches pour y jouer une comédie familiale autour de la découverte de l’homosexualité de leur fils Camille (Louis Le Barazer).

Une chambre d’hôtel cosy pour décor, Claudine s’apprête quand Maxime, son mari, fait irruption dans la chambre, avec en main un magazine people. En Une, leur fils dans les bras d’un homme. Leur fils serait homosexuel. Est-ce si grave ? La confrontation des points de vue s’engage au sein du couple. Sont-ils si ouverts d’esprit qu’ils le prétendent surtout lorsqu’ils sont directement concernés par le sujet ? A qui la responsabilité ? « Pourvu qu’il soit heureux », n’est-ce pas l’essentiel ?

L’art de l’exposé pédagogique

Le premier acte de la pièce Pourvu qu’il soit heureux est lancé. Le débat se fait piquant et sous couvert d’une grande bienveillance, le rire s’invite avec parcimonie puis s’épuise. La confrontation se transforme peu à peu en un exposé pédagogique chassant un stéréotype après l’autre. Toutes les idées reçues y sont évoquées pour mieux suggérer ce qu’il serait bon de penser. L’émotion peine alors à se frayer un chemin tout au long de cette confrontation parentale. Le rythme finit par s’éteindre à force d’un excès de caricature et l’ennui s’impose finalement dès le second acte par manque de profondeur. Un deuxième acte troublant d’ailleurs et dont l’objectif laisse songeur puisqu’il ne sert pas les ressorts des actes suivants, traités quant à eux plutôt de manière expéditive.

Malgré  l’importance et la délicatesse du sujet, l’originalité peine à trouver sa place dans ce Pourvu qu’il soit heureux. L’humour se tarie très vite, la comédie se voile de drame mais peine encore et toujours à convaincre. Le côté pédagogique absorbe la sincérité du propos. Le récit tombe à plat. L’émotion s’absente du récit pour ne jamais réussir à y revenir malgré l’interprétation de Fanny Cottençon, rayonnante, les montées en puissance des propos du personnage de Francis Huster et les convictions de celui de Louis Le Barazer.

Pourvu qu’il soit heureux, maître mot de cette pièce, ne réussit donc pas à susciter l’enthousiasme ni à émouvoir, même si le combat contre l’homophobie mérite toute l’attention.

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